La croissance de l’industrie alimentaire, plutôt en panne en 2005, est en train de repartir cette année, a indiqué le président de l’Ania la semaine dernière. En recevant la presse pour cet état des lieux, Jean-René Buisson a dit attendre beaucoup de la façon dont l’application de la loi Dutreil va être contrôlée par les services de la DGCCRF. Enfin, il a présenté les objectifs que l’Association nationale des industries alimentaires s’est fixés pour 2006 : le lancement de la Fondation Alimentation et Vitalité et l’organisation des 1ères Assises de l’industrie alimentaire en octobre.
Le président de l’Ania estime que si 2005 a été proche de la stagnation pour les industries alimentaires, l’activité 2006 semble mieux orientée. Pourtant, l’Ania avance, sur la base des informations fournies par les différentes branches, un chiffre d’affaires 2005 en hausse de 1,9% à 139,7 milliards d’euros, soit une évolution assez voisine des deux années précédentes (+1,6%). Ainsi l’industrie alimentaire reste le premier secteur industriel en France et elle se situe au premier rang européen devant l’Allemagne (130 Mds d’euros). Elle est le troisième secteur employeur en France, mais ses effectifs ont baissé de 0,4% en 2005 à 419 982 salariés, soit 8 500 de moins qu’il y a trois ans. La balance des échanges extérieurs donne des signes de faiblesse même si elle reste très positive avec un excédent de 6,9 milliards d’euros, mais en retrait de 0,7% sur 2004. En effet, signe inquiétant, la progression des exportations a été plus faible (+1,8% à 28,7 Mds) que celle des importations (+2,6% à 21,8 Mds).
Modération tarifaire
La reprise entrevue par l’Ania pour 2006 concerne principalement les secteurs des produits frais, notamment les fromages et les produits traiteur et de charcuterie. En revanche, les boissons, qui d’habitude enregistrent des croissances supérieures aux autres produits, stagnent cette année. Quoi qu’il en soit le secteur ne présente pas « d’évolutions fabuleuses», corrige le président Buisson.
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En 2005, les efforts volontaires de baisse de prix suite aux accords Sarkozy ont forcément pesé sur les chiffres d’affaires : la baisse sur les marques a été de -3,2% d’octobre 2004 à mi-2005 et le panier moyen sur douze mois n’a au final augmenté que de 1% (-0,9% pour les produits frais). Cette année, les industriels ont proposé des évolutions tarifaires modérées, assure M. Buisson, « de l’ordre de 0 à 5% et non les envolées stigmatisées par certains distributeurs », mais qui peuvent se justifier pour des produits innovants à forte valeur ajoutée, a-t-il estimé. Surtout c’est évidemment la façon dont la loi Dutreil va s’appliquer qui va être déterminante. Le président de l’Ania, qui s’était tant mobilisé sur le sujet, juge qu’elle a eu « le mérite d’essayer de rétablir un certain équilibre en contraignant les distributeurs à justifier les marges arrière : le point absolument essentiel sera la manière dont la DGCCRF va contrôler les contrats », a-t-il répété.
Une Fondation bien lancée
Désormais l’Ania polarise ses efforts sur l’organisation des 1ères Assises de l’industrie alimentaire le 10 octobre au Carrousel du Louvre, quinze jours avant le SIAL, et auxquelles participeront plusieurs ministres ainsi que le chef du gouvernement. L’autre priorité de l’association est le lancement d’une fondation destinée à développer des actions d’éducation nutritionnelle et de prévention. Ainsi preuve sera donnée que « les industriels s’affirment vraiment comme des acteurs majeurs de la santé publique ». Mais plutôt que de « payer encore des taxes » comme envisagé par le rapport Hercberg pour le PNNS 2, le président Buisson préfère que « l’argent des entreprises soit mis là où l’on saura à quoi il sert ». Il a d’ailleurs bon espoir que cette « Fondation Alimentation et Vitalité » obtienne la reconnaissance d’utilité publique d’ici à fin 2007. A ce jour, elle a reçu l’adhésion d’une quarantaine d’entreprises agroalimentaires pour une cotisation cumulée de près de 700 000 euros. Le budget de la fondation devrait atteindre 3 M EUR, résultant de la participation de 2000 sociétés à hauteur de 0,02% de leur chiffre d’affaires réalisé en France. Cette Fondation associera trois collèges de six membres chacun : industriels, pouvoirs publics ainsi que personnalités et nutritionnistes, ce troisième collège disposant de la présidence.