Si les bonnes pratiques en matière environnementale étaient à l'honneur dans le premier Livre vert de l'Ania publié en 2015 lors de la Coop 21, la seconde édition qui se veut complémentaire est cette fois axée sur la responsabilité sociétale d’entreprise autour de six axes principaux : gouvernance, social et droits de l'homme, loyauté des pratiques, consommateurs communautés et développement local, et éthique.
L'Ania a publié au début du mois, son dernier Livre vert dédié à la responsabilité sociétale d’entreprise (RSE). Le précédent, publié à l'automne 2015 à l'occasion de la Coop 21, "était très centré sur les bonnes pratiques dans le domaine environnemental. Il lui manquait le volet sociétal. Cette dernière édition est donc complémentaire de la première", explique Adeena Campas, directrice développement durable de l'Ania. Ce Livre vert qui s'articule autour de six axes stratégiques (gouvernance, social et droits de l'homme, loyauté des pratiques, consommateurs communautés et développement local et éthique), présente 38 bonnes pratiques "concrètes et emblématiques" d'entreprises de tailles majoritairement grosses et moyennes. Sans surprise, les petites entreprises, pourtant en nombre dans l'industrie agroalimentaire, ne sont guère représentées. Ceci ne veut pas dire pour autant qu'elles ne fassent rien en termes de RSE, même si elles manquent bien souvent de moyens humains et financiers pour mener à bien ce type de démarche.
Pour aider ses adhérents, l'Ania met à leur disposition, depuis quelques années déjà, un kit RSE. "Il s'agit d'un guide d'auto-évaluation pour permettre aux entreprises de faire un diagnostic sur leur démarche RSE. Ce kit les aide aussi à se poser les bonnes questions et à trouver des axes de développement pour faire progresser leurs bonnes pratiques en la matière, souligne Adeena Campas. Nous allons également à la rencontre des entreprises en région pour leur présenter les possibilités qui s'offrent à elles en matière de RSE. Et elles peuvent également venir échanger sur le sujet au sein d'un groupe de travail RSE à l'Ania qui regroupe une quarantaine d'entreprises de toutes tailles. L'objectif de ce groupe de travail est de mettre en avant les bonnes pratiques développées par les uns et les autres."
Les enjeux de la RSE sont collectifs
Lors de la présentation du dernier Livre vert, Emmanuel Vasseneix, vice-président développement durable de l'Ania et également président de LSDH, a d'ailleurs insisté sur le caractère collectif des enjeux de la RSE. Non seulement au sein même de l'entreprise entre les salariés, mais également avec les partenaires et les clients, mais aussi les consommateurs. "La RSE s'impose comme un véritable levier de développement et d'innovation pour notre secteur et notre filière", a-t-il également ajouté.
Si toutes les bonnes pratiques en matière de RSE sont évidemment à saluer, celle mise en place par la société Bio'Gel sort du lot. D'ailleurs, la société s'est vue décerner le Prix de l’engagement sociétal par EY en janvier dernier, à l'occasion des Prix de l'agroalimentaire en partenariat avec l'Ania. Cette société spécialisée dans la fabrication de brioche et pain traditionnels précuits surgelés à destination des artisans boulangers, collectivités et professionnels de la distribution "fait preuve d'un engagement exemplaire pour l'insertion et la formation des personnes en situation de handicap", comme le souligne l'Ania. Sur 170 salariés que compte Brio'Gel, près de 10 % sont en situation de handicap à des postes adaptés. A la différence des systèmes classiques d'embauche des personnes en situation de handicap, Brio’Gel leur offre un contrat de travail conforme à la convention collective, ce qui leur offre une vraie indépendance économique et sociale, notamment en matière de cotisation pour la retraite. Enfin, parce que la relation avec le consommateur est véritablement au cœur des préoccupations des entreprises agroalimentaires, un chapitre leur est dédié dans ce Livre Vert, tout l'enjeu étant "de rapprocher ceux qui produisent de ceux qui consomment", note l'Ania. D'où le développement d'un véritable contrat de confiance autour d'un triple engagement : qualité des produits, qualité de l'information et qualité de la relation.
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Des pistes pour mieux insérer les travailleurs handicapés dans l'emploi
Le rapport de la plateforme RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) remis le 23 avril à la secrétaire d'État chargée du handicap Sophie Cluzel formule une quinzaine de recommandations pour "encourager les entreprises à prendre des initiatives en faveur de l'embauche et du maintien dans l'emploi des travailleurs handicapés". En effet, en dépit de l'instauration d'une obligation d'emploi de 6% de travailleurs handicapés, en 1987 dans les entreprises privées puis en 2005 dans la fonction publique, les personnes handicapées éprouvent de fortes difficultés d'insertion professionnelle.
Plusieurs freins sont mis en avant par la plateforme, structure qui réunit depuis 2013 les acteurs de la RSE en France : l'image du handicap au sein des entreprises, le coût et l'investissement "ressentis" du handicap, notamment par les PME, et la formation des travailleurs handicapés, quand près de 80% ont un niveau de formation inférieur ou égal au CAP/BEP.
Pour mieux former et recruter ces travailleurs, elle recommande notamment de créer des partenariats entre organisations professionnelles, écoles, universités, associations et entreprises dans un même territoire et pour aider les petites entreprises, d'instaurer des "passerelles entre les PME et les grandes entreprises" "sur un même territoire pour favoriser le maintien dans l'emploi et s'inspirer de bonnes pratiques.