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Industrie agroalimentaire/Conjoncture L’Ania se veut combative dans un contexte préoccupant

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Présentant ses vœux aux entreprises et partenaires de lʼAssociation nationale des industries alimentaires, son président Jean René Buisson n’a pas caché ses vives inquiétudes à l’orée de la nouvelle année. « L'encéphalogramme de l'économie française est plat, sans perspective de changement à court terme ». Ce constat lui fait craindre des pertes pour l’emploi et la survie des entreprises. Celles-ci doivent plus que jamais se battre et mieux se défendre face à de multiples attaques. L’Ania entend le faire en regagnant la confiance des consommateurs mais demande le soutien des pouvoirs publics pour se battre à armes égales en France et conquérir des marchés étrangers.

« L’industrie alimentaire a encore connu une faible croissance en 2012, mais celle-ci est de moins en moins forte, et la consommation alimentaire des Français a reculé de 0,6% en volume, phénomène nouveau et préoccupant », s’est alarmé Jean-René Buisson. À cela s’ajoute un contexte qu’il n’hésite pas à qualifier de « toxique », dénonçant la grande distribution qui « use et abuse de sa position ». Les marges des entreprises du secteur ont touché un plus bas historique, perdant 13 points depuis 2008, pour se situer à 26%. « Etouffées par des relations commerciales qui se déroulent sur fond de LME mal appliquée », les entreprises sont au bord de l’asphyxie. L’Ania « entend se battre comme des chiens » pour faire appliquer cette loi et le respect des conditions générales de vente et des plans d’affaires.

Craintes pour l’emploi

Ce contexte délétère n’est pas sans conséquence sur l’emploi ce qui devrait se traduire, selon les premières estimations des fédérations régionales, par 5 000 suppressions de postes pour 2012 et de nouveau 5 000 en 2013, si l’environnement économique demeure le même, prévient Jean-René Buisson. Il a en a appelé aux deux ministres présents, Stéphane Le Foll et Guillaume Garot, pour aider le secteur à les aider pour faire respecter cette LME et faire cesser les « agressions punitives dont son victimes les entreprises ». Il vise par là, les taxes frappant certains secteurs « que l’on prend pour des vaches à lait » ou les attaques sur la qualité sanitaire de certains produits. Ces dernières nuisent à l’image du secteur qui doit « renouer avec la confiance du consommateur, face à cet emballement médiatique ». Jean-René Buisson estime que la profession « jusque là, a fait le dos rond, mais ne doit plus rester aussi passive». La bonne stratégie est de travailler à une meilleure valorisation des métiers de la branche, en étant plus transparente. Un nouveau site internet s’y emploiera dans le courant de cette année. Mais, plaide Jean-René Buisson, « les entreprises agroalimentaires attendent d’être soutenues plutôt que d’être handicapées ».

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