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Consommation alimentaire/Confiance L’Ania veut restaurer l’image dégradée des industries alimentaires

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L’image des industries alimentaires dans l’opinion publique française s’est fortement dégradée si l’on compare le baromètre Ania-TNS réalisé en 2008 et le dernier réalisé en mai, il est vrai après l’affaire dite de la viande de cheval. Mais cette perte d’image est constante au cours de ces dernières années, reconnaît l’organisation professionnelle. Elle veut tenter d’y remédier en jouant la carte d’une plus grande transparence et compte utiliser l’arme d’internet pour y contribuer.

Jean-René Buisson, président de l’association représentative des industriels, ne veut pas se voiler la face. « La crise du cheval marque un moment de rupture vis-à-vis de la confiance des consommateurs, qui est l’aboutissement d’une lente dégradation de cette confiance ». L’irruption de la crise de la viande de cheval n’a certainement pas contribué à améliorer cette image. Muriel Humbertjean de TNS-Sofres en veut pour preuve que les industries alimentaires et les laboratoires pharmaceutiques (affectés par l’affaire Mediator) sont celles qui ont le plus perdu en 5 ans dan l’opinion en perdant toutes deux 16 point, pour ne recueillir respectivement que 46% et 42% d’opinions positives (bonne ou très bonne image). Seules les banques et la chimie font moins bien. Le paradoxe est que les Français privilégient toujours leur alimentation pour préserver leur santé (78% des sondés, en hausse de 2 points), loin devant le sport (55%) ou le fait de bien dormir (46%), voire les visites régulières au médecin (31%). En outre, l’alimentation est le poste sur lequel les Français ont le moins l’intention de réduire leurs futures dépenses : 9% seulement sont prêts à le faire (en progression de 3%), alors que l’habillement et les nouvelles technologies sont envisagées par 32% et 31% des sondés (en hausse de 11 et 12 points).

Un indice de satisfaction fortement écorné

Parmi les motifs de satisfaction que leur procure l’alimentation, les Français privilégient la variété des produits offerts (97% sont plutôt ou très satisfaits) puis la facilité de préparation (82%), ou la conservation des produits. En revanche, les sujets d’insatisfaction concernent en premier lieu, et dans une énorme proportion, l’information donnée sur les étiquettes (72% de plutôt pas ou pas du tout satisfaits), suivie de la sécurité des produits alimentaires (47%) et la composition ou valeur nutritionnelle des produits (42%). Plus inquiétant est que tous les critères de jugement de cette satisfaction sont en baisse : 22 points de moins pour la sécurité, 20 de moins pour l’information, 12 pour la composition, 11 pour la qualité des ingrédients et 10 pour le goût des aliments. Même la variété, la facilité ou la conservation, motifs de satisfaction les plus mis en avant, sont en baisse respectivement de 5, 4 et 7 points. Un autre enseignement de cette étude est que le discrédit lié à la sécurité alimentaire rejaillit sur l’ensemble de la filière (distributeurs, pouvoirs publics et administration, industriels et union européenne), à l’exception des associations de consommateurs et les agriculteurs et éleveurs.

Privilégier la transparence

« Cette enquête nous renvoie une perception parfois injuste, mais il faut faire face à la réalité et privilégier une relation directe avec le consommateur, en faisant preuve d’ouverture et de transparence », reconnaît Jean-René Buisson qui y voit « une vraie révolution pour l’Ania ». L’organisation veut donc être très réactive. Elle a ainsi agi dans trois directions avec des outils web qu’elle vient de développer. Le premier appelé Alimévolution est une fresque interactive qui raconte lʼhistoire de la sécurité sanitaire dans le temps, à travers les grands progrès réalisés (congélation, date de péremption, pasteurisation….) à la fois par les entreprises de lʼalimentaire mais aussi par les consommateurs. Le second, Alimexpert se veut une plateforme participative permettant à lʼinternaute de poser toutes ses questions sur les aliments et dʼobtenir des réponses claires et solides, étayées par des références aux derniers rapports ou décisions des autorités sanitaires concernées. Ces deux réalisations sont accompagnées par une rénovation totale du site internet de l’Ania.

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