« Les éleveurs de porcs canadiens vivent l'année du siècle », estiment les analystes du marché du porc breton (MPB). Contrairement aux Etats-Unis, le Canada est relativement épargné par la diarrhée épidémique porcine (DEP). Grâce à leur maîtrise du sanitaire, les Canadiens profitent pleinement de la flambée des cours du porc qui touche l'Amérique du nord cette année.
Depuis son arrivée le 22 janvier via les Etats-Unis, la DEP a un impact très limité sur la production porcine canadienne. Elle n'a été recensée que 72 fois, selon les chiffres de la Fédération des producteurs de porcs du Québec (FFPQ) au 2 octobre. Pendant ce temps, aux Etats-Unis, plus de 8 000 cas ont été comptés, ralentissant significativement la production nationale. À la fin du mois de juillet, les abattages étaient inférieurs de 6% en moyenne aux volumes traités un an plus tôt, jusqu'à 6,4% par rapport à la semaine 29 de 2013. Résultat : sur les sept premiers mois de l'année, les cours du porc canadiens, indexés sur le cours US, sont en hausse de 27% par rapport à l'année dernière, constate le marché du porc breton (MPB) dans une note de conjoncture parue le 3 octobre. « Les éleveurs de porcs canadiens vivent l'année du siècle », estiment les analystes du MPB. Les Canadiens ont démontré, cette année, que la maîtrise du sanitaire peut être un vrai outil économique en élevage. Grâce à elle, les producteurs de porcs canadiens profitent pleinement des dégâts causés par la diarrhée épidémique porcine (DEP) chez leurs voisins étatsuniens.
« Une année record »
« C'est une année record », confirme Gaëlle Leruste, responsable communication de la FFPQ. « ... mais après huit années de crise consécutives. Nous avons perdu 25% de nos producteurs sur les cinq dernières années », rappelle-t-elle. La DEP n'est pas seule responsable du niveau élevé des cours du porc en Amérique du nord. Depuis 2012, la viande de porc bénéficie d'un effet de substitution avec la viande bovine, explique Gaëlle Leruste. Les prix de la viande bovine ont gonflé aux Etats-Unis, ces dernières années, sous l'effet du renchérissement du prix du maïs américain dû à la politique de développement de l'éthanol et à la sécheresse de 2012. Résultat : les consommateurs se sont reportés sur le porc... dont les cours battent désormais des records à cause de la DEP.
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Des débouchés diversifiés
La bonne gestion du sanitaire ne serait pas la seule vertu du modèle canadien, qui exporte généralement la moitié de sa production. Habitué des marchés internationaux, « le Canada se caractérise par une diversité importante des débouchés », remarquent les Bretons du MPB. Environ 30% des exportations canadiennes sont expédiées vers le voisin étatsunien et 17% vers le Japon, en progression de 5,8% depuis le début de l'année. En 2014, le Canada a pu profité d'un boom des exportations vers la Russie (+106%, à 100 000 tonnes), avant que Moscou ne déclare un embargo à son encontre en août, et d'une hausse des expéditions vers le Mexique (+13%, à 52 000 tonnes), qui compenseront largement la baisse des expéditions vers la Chine cette année (-25%, à 77 000 tonnes). En somme, il fait plutôt bon être producteur de porcs en 2014… au Canada.
UN nouveau cas de diarrhée épidémique porcine (DEP) est apparu dans la plus importante exploitation porcine de l'Utah, propriété de Circle Four Farms (filiale de Smithfield Foods), note le Marché du porc breton (MPB) dans une note de conjoncture, le 3 octobre. Cette installation loge 74 000 truies et dispose de 454 000 places d'engraissement. Cet événement arrive au moment où les observateurs se demandent dans quelle mesure la DEP, qui sévit moins depuis l'été, va se redévelopper sur le cheptel américain à la faveur de températures plus clémentes.