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Institution/Santé L’Anses prône une consommation modérée des boissons dites énergisantes

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Sans demander la mise à l’index totale des boissons dites énergisantes, l’Anses (1), au terme d’une étude menée depuis juin 2012, préconise la plus grande prudence dans la consommation de ce type de boissons. L’Agence met notamment en cause une surconsommation de celles-ci et leur utilisation dans des contextes défavorables ou en association avec d’autres substances, notamment des alcools. Elle pointe également du doigt des populations comme les enfants ou les femmes enceintes qui sont davantage exposées aux risques que comporte la consommation de ces BDE.

Les boissons dites énergisantes, que l’Anses distingue des boissons énergétiques destinées aux sportifs, sont des sodas enrichis en substance telles que la caféine, la taurine ou des vitamines.. La caractéristique commune de ces sodas est de contenir pour 96% d’entre eux de la caféine et pour 52% de la taurine et pour 33% de la glucuronolactone. La teneur moyenne en caféine est l’équivalent de deux expressos. L’Anses suit la question de la sécurité de ces boissons depuis plusieurs années. En juin 2012, un pas a été franchi dans les études sur celles-ci, a expliqué devant la presse, Marc Mortureux, directeur général de l’Agence. Il a été demandé aux professionnels de santé de faire remonter un certain nombre de cas d’effets indésirables sur la santé liés à la consommation de ces produits. 257 cas ont été signalés, dont 212 suffisamment renseignés pour être analysés.
 
L’effet cocktail
Les principales effets indésirables constatés ont été des troubles cardio-vasculaires (95 cas sur 212), psycho-comportementaux (74), neurologiques (57), ou gastro-intestinaux (31). La consommation de ces boissons « accentue la surexposition à l’anxiété, aux troubles du sommeil, à l’épilepsie et peut entraîner des pratiques addictives », constate le professeur Irène Margaritis, qui a coordonné cette étude. Ces effets indésirables peuvent également être amplifiés par leur consommation couplée à celle de café ou d’alcool, créant un effet cocktail dangereux. L’environnement peut également avoir un impact amplificateur, comme la chaleur, notamment dans les soirées entre amis, concerts ou boîtes de nuit. L’effort physique est également à déconseiller lorsque l’on boit une EBE, contrairement à ce que laisse entendre la publicité faite par les marques et que l’Anses voudrait endiguer. « L’association à ces autres facteurs de risques peut avoir de graves conséquences ». Il est également recommandé de ne pas en donner aux enfants jeunes, aux femmes enceintes ou allaitantes ni aux personnes sensibles à la caféine.
 
Poursuivre la recherche
Pour le professeur Xavier Bigard, physiologiste de l’exercice, biologiste musculaire et nutritionniste, l’importance des travaux menés a été de mettre « en relation les accidents médicaux avec des habitudes de consommation de nature cardiologique ». Cependant les recherches doivent se poursuivre pour « mieux appréhender les effets de ces divers ingrédients, non plus seuls mais en association ». L’étude en outre n’a pas pris en compte les accidents traumatologiques, comme les accidents de la circulation qui pourraient être directement liés à une surconsommation de BDE. Dans cette attente, l’Anses demande aux consommateurs de modérer la consommation de ces boissons caféinées et aux personnels de santé et médecins de poursuivre les signalements de cas d’effets indésirables et de se montrer vigilants face à des patients présentant des symptômes évocateurs. Elle souhaite également une meilleure information du public, notamment celui dit sensible et un meilleur encadrement de la promotion des ventes de ces produits.
Le député socialiste Gérard Bapt, rapporteur à l’Assemblée nationale du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, entend déposer de nouveau un amendement pour taxer davantage ces boissons. Marisol Touraine, ministre de la Santé, s'était dite favorable à une taxe sur ces boissons. Mais cette taxe inscrite dans le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2013 avait été censurée par le Conseil constitutionnel en décembre 2012, au motif qu'aucun « critère objectif et rationnel » ne la justifiait.
 
(1) Agence nationale de sécurité sanitaire, alimentation, environnement, travail. 

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