Les producteurs de pêches et abricots ont des demandes spécifiques en matière de recherche et expérimentation. Au-delà du travail du CTIFL, ils ont décidé de financer des programmes d’expérimentation spécifiques. Une convention entre le CTIFL, les stations d’expérimentation et l’AOP Pêches et abricots est venue concrétiser ce projet.
« Nos adhérents ont des demandes spécifiques en matière de recherche, d’innovation et d’expérimentation », a expliqué Bruno Darnaud, président de l’AOP Pêches et abricots au Medfel (Perpignan). Les quarante entreprises (et 900 producteurs) qui composent l’AOP ont donc décidé de financer, à hauteur de 136 000 € par an, des projets d’expérimentation particuliers. Cette ambition s’est traduite, le 26 avril, par la signature d’une convention inédite entre l’AOP Pêches et abricots, le CTIFL (Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes) et les stations d’expérimentation (Sud Expé). Ainsi, les producteurs de pêches et abricots, continueront, comme tous les producteurs de fruits et légumes, à contribuer au financement du CTIFL, via la CVO, mais ils participeront également au financement de leurs programmes de recherche spécifiques. « La convention différencie bien les deux aspects, explique Bruno Darnaud, car les professionnels veulent savoir ce qu’ils payent et pourquoi ».
La CVO pour « le collectif »
Financé depuis un an par la CVO (suite à la suppression de la taxe fiscale affectée), le CTIFL est un outil qui répond aux besoins, en matière de recherche, de tous les professionnels de la filière fruits et légumes. « 14 millions d’euros sont consacrés à la recherche, l’innovation et l’expérimentation », a indiqué Louis Orenga, directeur général d’Interfel et du CTIFL, lors de la signature de la convention. Mais ce budget sert à financer des programmes de recherches qui répondent aux besoins « du collectif » explique-t-il. « Pour les demandes spécifiques, qui bénéficient à des filières particulières », la CVO – de par son caractère collectif – ne peut être utilisée.
Verger écoresponsable, réduction des phytos
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L’AOP Pêches et abricots, qui a bien compris cet argument, financera alors elle-même, en partie, des expérimentations relatives notamment au développement des vergers écoresponsables et au défi « zéro phyto ». Les 136 000 € iront en partie au CTIFL, mais surtout, aux stations régionales d’expérimentation qui répondront aux demandes privées de l’AOP. Les producteurs sont conscients que « leur métier va évoluer ; c’est en marche », affirme Bruno Darnaud. Ils ont décidé de mettre toutes les chances de leur côté en s’engageant auprès des stations régionales afin qu’elles les aident à faire changer leurs pratiques. Reste que pour obtenir des résultats dans le cadre d’expérimentations, il faut du temps. L’AOP Pêches et abricots sait qu’il faudra lever les 136 000 € plusieurs années consécutives, mais elle espère surtout que les consommateurs, très demandeurs quant aux pratiques « propres », sauront faire preuve de patience.
« Pour les demandes spécifiques, qui bénéficient à des filières particulières », la CVO – de par son caractère collectif – ne peut être utilisée
Pêches et abricots : la campagne s’annonce bien
Si le climat reste sec, la quantité et la qualité pourraient être au rendez-vous pour la campagne 2017 de pêches et d’abricots, selon le président de l’AOP Bruno Darnaud. « Pour le moment, le gel a, dans l’ensemble, épargné les bassins producteurs », indique-t-il. En pêches, on prévoit une récolte d’environ 210 000 tonnes (contre 200 000 en 2016) et en abricots on attend 150 000 tonnes (contre 108 000 en 2016. En abricot, 60 % de la production nationale est désormais sous label « Verger écoresponsable ». Un taux de 80 % pour la pêche.