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Diversification L'APCA demande une levée rapide des freins « franco-français » sur le biogaz

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Guy Vasseur, le président de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA), a déclaré lors d'une conférence de presse au salon Expobiogaz le 4 juin à Paris qu'il demande au gouvernement une levée rapide « des freins franco-français » au développement de la méthanisation agricole.

LE développement de la méthanisation agricole, clamée par le gouvernement, ne se fera pas si les freins, qui sont essentiellement franco-français subsistent, a lancé Guy Vasseur le 4 juin à Expobiogaz. Pourtant, c'est sous ce gouvernement que les prix de rachat de l'électricité produite par la combustion du biogaz sont devenus incitatifs. « Le président de la République est d'accord avec nous, le ministre de l'Agriculture aussi, Ségolène Royal veut une unité de méthanisation par canton, mais rien ne se passe ». Si le gouvernement veut réussir son objectif de 1 000 unités de méthanisation en France, « il faut rapidement réduire les délais entre le projet et la réalisation ».

S'inspirer des bons côtés de l'exemple allemand

Or, les freins ne viennent pas de l'Europe, mais de mesures nationales. Les délais entre le projet et sa réalisation sont de quatre ans en France, contre 18 mois en Allemagne, a-t-il cité. Parmi les préalables à examiner, celui des fouilles archéologiques dure six mois, « dans le meilleur des cas ». Guy Vasseur propose que la France s'inspire des bons côtés de l'exemple allemand, mais sans copier ce modèle fondé sur la production massive de maïs-ensilage pour la production de biogaz. La demande de simplification est globale : les professionnels ne vont pas faire une liste point par point des mesures à simplifier. « Nous n'allons pas saucissonner notre demande. C'est l'ensemble de la démarche biogaz qu'il faut simplifier, si l'on veut un développement de la filière », a souligné le président de l'APCA. Dernier point, la simplification des entraves « ne coûte rien au budget de l'État », a poursuivi Guy Vasseur.

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« Chaque fois qu'un expert arrive sur l'exploitation pour faire des évaluations, ce sont 1 000 euros qui s'en vont », a témoigné Thierry Thenoz, éleveur porcin dans l'Ain, qui s'est investi dans la méthanisation à la ferme. En outre, les professionnels « ont besoin de constance réglementaire ». Thierry Thenoz a évoqué son projet, après quatre ans d'études, qu'il a fallu réécrire à un mois du lancement, parce que les textes ont été modifiés.

L'injection valorise bien le biométhane

VOULANT aussi montrer les perspectives positives de la méthanisation, l'APCA a fait intervenir sa spécialiste de la méthanisation agricole, Carine Pessiot, de la chambre du Morbihan. Pour valoriser pleinement le biométhane, il faut l'injecter dans le réseau. Le brûler pour fabriquer de l'électricité, même dans des centrales de cogénération où la chaleur également en valorisée, entraîne des pertes de rendement. En effet, en cogénération, l'énergie est valorisée à 50% en chaleur et à 35% en électricité, soit 85% de rendement. Dans le cas de l'injection dans le réseau, la valorisation du biogaz est de 90%, a-t-elle précisé.