L’association European Rabbit (Era) doit prochainement voir le jour pour représenter les intérêts de la filière cunicole à Bruxelles. Objectif : proposer un socle commun de pratiques en vue de la révision de la réglementation sur le bien-être animal dans le cadre de Farm to Fork.
À l’occasion de l’assemblée générale de la Fenalap (groupements de producteurs de lapins) le 15 février, des représentants d’abattoirs français, italien, espagnol et hongrois ont annoncé la création prochaine d’une association européenne de la filière cunicole. Intitulée Era, pour European Rabbit Association, elle doit encore faire l’objet, dans les prochains jours, d’une décision ferme de ses membres fondateurs, qui devraient représenter un grand nombre de pays européens, selon les souhaits des quatre initiateurs. Sont déjà cités : l’Espagne, le Portugal, la Pologne, l’Italie, la Belgique, la France, l’Allemagne et la République tchèque.
Principal chantier de la future interprofession : la révision de la réglementation européenne sur le bien-être animal, qui doit être menée courant 2022 dans le cadre de la stratégie De la ferme à la table, et dans le cadre de l’Initiative citoyenne pour la fin des animaux en cage, à laquelle Bruxelles doit répondre d’ici 2023. L’interprofession veut négocier un délai et un accompagnement pour la fin de l’engraissement en cages traditionnelles. Plus question de batailler contre l’idée même de la fin des cages : « Nous en avons beaucoup discuté, c’est un combat perdu d’avance », a résumé André Maléjac, membre du conseil d’administration de Loeul et Piriot, et représentant du Clipp (interprofession).
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Définir un socle commun
L’interprofession va s’atteler à proposer un socle commun des pratiques, à l’instar de ce que la filière italienne aurait récemment construit avec le ministère de l’Agriculture et une ONG. « Nous ne souhaitons pas définir un modèle d’élevage pour toute l’Europe, car chacun a sa culture et ses besoins, mais nous voulons définir un minimum commun, sur lequel chaque pays pourra construire son système. »
Les quatre représentants des filières cunicoles ont déjà fixé une position commune : pas d’obligation des cages collectives pour l’élevage des femelles (maternités), arguant des résultats négatifs sur le bien-être animal, et ce faisant sur les résultats technico-économiques. Ils s’entendent également pour dire que les surfaces disponibles pour les animaux doivent être exprimées en kg/m2 et non en animaux par m2 pour prendre en compte les différences de poids moyen des animaux en UE : 2 kg en Espagne, 2,2 kg en France et 2,8 kg en Hongrie. Autre dossier d’intérêt des filières à l’échelle européenne : la révision de la réglementation sur les transports et de la politique commerciale européenne (clauses-miroirs). Les importations chinoises de lapins sont particulièrement dans le viseur.