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Alimentation animale L'application pratique de l'amendement Garrot ne se fera pas du jour au lendemain

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La distribution, dans le but de limiter le gaspillage alimentaire, va avoir l'obligation de donner ses invendus à des associations ou de trouver une valorisation destinée à l'alimentation animale. L'amendement Garot a été effectivement voté le 21 mai dernier, mais son application pratique risque de prendre du temps.

L'amendement Garot, déposé entre autres par le député Guillaume Garot, a été voté, à la majorité, à l'Assemblée nationale le jeudi 21 mai. Destiné à limiter le gaspillage alimentaire, il est le fruit du rapport rendu en avril dernier à Manuel Valls, Stéphane Le Foll et Ségolène Royale. « Cet amendement pose l'obligation pour les grandes surfaces de prendre part à la lutte contre le gaspillage alimentaire : la nourriture ne peut plus être jetée ou détruite, empêchant toute valorisation », est-il écrit en exposé dans le texte de ce dernier. Pour Guillaume Garot, « il hiérarchise les actions de lutte à mener pour éviter le gaspillage ». Ainsi le secteur de l'alimentation animale est concerné puisqu'il arrive en troisième position après le don des invendus à des associations et la prévention du gaspillage en elle-même. Les GMS auront l'obligation de « passer des conventions, validées par l'Etat » auprès des associations, annonce Guillaume Garot. Si certaines existent déjà sur le terrain, il reconnait qu'il faudra « se mettre autour d'une table » pour en écrire la trame d'une plus générale.

La reconnaissance d'un statut

Concernant l'alimentation animale, « c'est le marché qui établira la valeur de ces produits », estime-t-il. Si Alain Guillaume, président du Syndicat national de l'industrie de l'alimentation animale (Snia) trouve cet amendement « fort utile », il réclame cependant un véritable statut pour ces invendus. « Ils ne doivent pas sortir par la petite porte », justifie-t-il. Tout comme dans certains élevages, les coproduits (drêches de brasserie, chips, céréales de petits déjeuner...) sont utilisés de manière informelle en fonction des opportunités, « la tentation pourrait être grande » de développer un marché parallèle. Or, comme le précise Stéphane Radet, directeur du Snia, il y a trois clefs d'entrée pour des produits en alimentation animale: la sécurité au travers des normes, la disponibilité avec une régularité de l'approvisionnement et la compétitivité. Des clefs d'entrées qui doivent être respectées quoi qu'il arrive et qui font que tous les invendus ne pourront pas convenir. Dans la pratique, il existe déjà des intermédiaires qui valorisent les coproduits et les écarts de production agroalimentaires (biscuits, confitures, sirops, pop-corn, etc).

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Hygiène et traçabilité

Dans le cas des invendus des GMS, les industriels de l'alimentation animale ne pourront pas utiliser directement ces derniers. Un intermédiaire sera nécessaire pour leur collecte, leur désemballage, voire leur transformation, avant de les revendre. Le produit obtenu doit rester suffisamment compétitif par rapport à d'autres composants plus traditionnels de l'alimentation animale pour être achetés par les industriels. Son approvisionnement doit être suffisamment régulier et il doit conserver une traçabilité (étiquetage). Alain Guillaume revendique donc, dans ce sens, le respect de la réglementation européenne au niveau de la traçabilité et de l'hygiène. Il ne s'agit pas de considérer ces invendus « comme un déchet », précise Stéphane Radet qui rappelle les contraintes réglementaires très strictes qui entourent la production d'aliments du bétail. Guillaume Garot tout comme Alain Guillaume reconnaissaient qu'il reste finalement « tout un travail à accomplir ». Les GMS ont jusqu'au 1er juillet 2016 pour mettre en place des conventions avec des associations. Il n'y a pas de date butoir concernant l'alimentation animale.