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L’Assemblée des régions européennes viticoles (Arev) reproche à l’UE, sous la pression de la Commission européenne, d’avoir réformé à la va-vite en 2008, la réglementation sur la définition des catégories de vins et celle sur l’étiquetage dans le souci « d’offrir une approche simplifiée et une meilleure lisibilité au consommateur ». Aujourd’hui, déplore cette organisation, l’UE se retrouve avec des normes qui sont non-conformes avec les règles de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) et qui sont contestées par les Etats-Unis.
En autorisant la mention du cépage et du millésime sur les vins de table, redéfinis en « vins sans indications géographiques », dans le souci de se mettre au même niveau que les pays du nouveau monde, l’Arev estime que l’UE se trouve en mauvaise posture face aux règles de l’OIV. Ces règles stipulent, souligne-t-elle, que le nom de la variété ou le millésime ou année de récolte s’appliquent seulement aux vins bénéficiant d’une appellation d’origine ou d’une indication géographique reconnue. Selon l’Arev, qui se base sur certaines informations contenues sur le site vitisphère, les Américains n’acceptent pas la mention du millésime sur les vins européens sans indications géographiques.
D’autres motifs d’inquiétude
L’Arev redoute également les conséquences négatives que la réforme de la politique de qualité pourrait avoir sur les vins de qualité. Pour les régions viticoles européennes, en envisageant la fusion des catégories AOP (appellation d’origine protégée) et les indications géographiques protégés (IGP) en une indication géographique (IG), la Commission « nie de nouveau les différences profondes qui existent entre ces deux systèmes ». « Des différences, précise l’Arev, qui reposent non seulement sur l’origine, mais encore sur les conditions de production et les rendements ». « A force de simplifications, de refontes, de regroupements et de fusions sans discernement, affirment les régions viticoles, la Commission a ouvert des brèches où vont s’engouffrer les marques commerciales et qui vont saper le système d’appellations européen ». « Le plus affligeant, poursuit l’Arev, c’est qu’après avoir constaté les limites de leur propre système dérégulé, les pays du nouveau monde sont en passe de se convertir au “terroir” et à ses mentions d’origine. « Comme si les vignobles du nouveau monde, en accédant à plus de maturité, découvraient toute l’importance de l’introduction des paramètres naturels et humains », conclut l’Arev.
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