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Taxe L’Argentine instaure une taxe à l’export sur les produits alimentaires

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En vue d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2019, le gouvernement du président Mauricio Macri a établi une taxe douanière sur les céréales, les viandes et tout autre bien agroalimentaire, biocarburants inclus. La même semaine, le ministère de l’Agroindustrie a été officiellement relégué au rang de secrétariat d’État.

En pleine crise monétaire, le ministre de l’Économie argentin, Nicolás Dujovne, a annoncé, le 3 septembre, l’instauration « provisoire jusqu’au 31 décembre 2020 » d’une taxe à l’exportation prélevée sur la totalité des biens agricoles et industriels. Un décret correspondant a été publié au Journal officiel le 5 septembre, qui précise que le montant de la nouvelle taxe se calcule en fonction d’un prorata de 12 % de la valeur FOB de la marchandise avec un plafond équivalent à 4 pesos pour chaque dollar états-unien facturé à la douane. « Cette taxe est néfaste, mais nous sommes en crise », a reconnu l’ancien ministre de l’Agroindustrie, Luis Miguel Etchevehere, devenu depuis cette semaine simple secrétaire d’État. La mesure fiscale, en effet, a été accompagnée d’une coupe budgétaire qui a conduit à l’élimination de plusieurs ministères.

Engagement non tenu

Sous la pression du FMI, qui a accordé en mai dernier un prêt échelonné de 50 milliards de dollars au gouvernement argentin, ce dernier s’est engagé à parvenir à l’équilibre budgétaire dès 2019. Ce gouvernement d’idéologie libérale et jusqu’ici fervent défenseur du secteur agricole est donc revenu sur son engagement de ne pas grever les céréales à la douane comme l’avait fait le gouvernement précédent. Depuis fin 2015, il avait seulement maintenu la taxe sur les embarquements de soja et de produits dérivés de soja.

La rentabilité des cultures de blé et de maïs, et celle de l’élevage de bovins à viande, avaient été stimulées par l’élimination de cette taxe à l’export. Les céréales étaient ainsi revenues en force dans la sole argentine. Aussi, le solde exportable de la récolte argentine de blé, disponible à partir de décembre, serait de 14 millions de tonnes (Mt) et celui du maïs 2017/2018, de 24 Mt. Les exportations de bœuf aussi ont le vent en poupe depuis trois ans avec des envois qui totaliseraient 440 000 t à la fin de l’année. La possibilité de taxer par un simple décret ces opérations commerciales a tenté un gouvernement dans l’impasse.

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Des mesures « à contrecœur »

En effet, le jeudi précédant l’annonce de la mesure, le peso argentin a perdu 20 % de sa valeur en une seule journée. Tout aussi alarmant, le rythme de l’endettement de l’État argentin a poussé le gouvernement à prendre de telles mesures « à contrecœur », selon Sebastián Dates, du syndicat la Société rurale argentine.

« C’est une trahison », a réagi le syndicat majoritaire des Confédérations Rurales Argentines dont les économistes n’ont pas encore décrypté les conséquences précises du nouveau système de taxes, assez complexe car indexé au cours d’une monnaie particulièrement instable. Pour sa part, la Fédération agraire argentine a accusé le gouvernement de « sacrifier les agriculteurs au nom de la roulette financière. »