Le gouvernement argentin annonce la signature imminente d'un accord avec la Chine, visant la création de vingt-cinq élevages de truies avec des abattoirs intégrés approvisionnant le marché chinois. Le gouvernement argentin joue la carte de son production d'aliments pour attirer les investissements étrangers.
Le gouvernement argentin a confirmé, le 31 août, via un Tweet émanant du ministère des Affaires étrangères, son intention de ratifier au mois de novembre un accord avec le ministère de l’Agriculture chinois visant à doubler la production argentine de viande de porc et d’exporter l’essentiel de cet excédent vers le pays asiatique. Dans les faits, cette annonce est plutôt celle d'un report de la signature officielle, justifié par la chancellerie argentine par des demandes de garanties relatives à la protection de l’environnement et de la biodiversité.
C’est une réponse aux mouvements d’opposition suscités dès l’annonce du projet, fin juillet, émanant de groupes écologistes et de défense du bien-être animal argentins ralliés au message « Non à l’accord avec la Chine », épithète d’une campagne d’affichages en cours à Buenos Aires, Rosario et Córdoba. Le pays a déjà triplé sa production de porc depuis 2009 grâce à sa production d'aliments quasi illimitée ; un atout dans le secteur porcin où les grains représentent entre 50 et 75% des coûts de production de viande.
25 élevages de 12 000 truies chacun
Le projet du gouvernement argentin, muet sur l’identité des acteurs impliqués, qui consiste à attirer des investissements, est précis. Il prévoit, au cours des quatre prochaines années, la création de vingt-cinq élevages intensifs d’une capacité de 12 000 truies chacun, dotés d’une usine de biogaz et d’un abattoir agréé pour l’export intégré.
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Le cheptel de truies argentin actuel de 350 000 truies serait ainsi agrandi de 300 000 truies, soit une production supplémentaire de 882 000 t de porc par an, et 2,5 Mrd$ d'exportations en plus, selon l’agence de presse argentine Telam qui détaille le rapport de la Chancellerie.
« Cette étude ministérielle reste très théorique", réagit Lisandro Culasso, le président de l’association des producteurs de porcs d’Argentine, pour qui l’accord en question « fait l’objet d’un débat trop politisé ». Cette association a créé un groupement d’exportateurs, nommé Argenpork, dont font partie une dizaine d’entreprises et qui a commencé à exporter du porc en Chine depuis l’an dernier. Lisandro Culasso rappelle que l’Argentine du porc reste naine à côté du Brésil, mais selon lui, la filière a pris un nouveau tournant cette année. Importatrice nette de porc depuis des décennies, l’Argentine est en effet devenue exportatrice nette, pour la première fois, au cours du premier semestre 2020.
Cela s’explique par l’ouverture du marché chinois dont la demande s’est emballée suite aux conséquences de la crise de la fièvre porcine.
L’Argentine est exportatrice nette, pour la première fois, au premier semestre 2020