Si la région est connue pour ses bons vins, l'industrie agroalimentaire tient une place importante en Bourgogne. La viande et les produits laitiers sont les principaux secteurs représentés. Etienne Genet, président de l'Aria Bourgogne, aide ces entreprises à se déployer à l'international.
Agra Alimentation : Pouvez-vous nous dresser le paysage de l'agroalimentaire en Bourgogne ?
Étienne Genet : Le vin est une grosse locomotive. C'est un secteur très fort à l'export avec des marges très intéressantes. Pour notre partie agroalimentaire, de nombreuses filières sont présentes en Bourgogne avec des établissements de production installés sur l'axe Paris-Lyon, donc principalement dans les départements de Saône-et-Loire et de Côte-d'Or. Un peu moins sur les deux autres départements de la Bourgogne que sont l'Yonne et la Nièvre. Et puis il est important de noter que ce sont des sites de production, pas des sièges sociaux. Des grands groupes y ont implantés leurs usines comme LDC, Duc ou groupe Bigard pour la viande, Yoplait France pour les produits laitiers, Daunat Bourgogne pour la boulangerie ou encore 5ème saison pour la salade. La région totalisait, en 2011, 524 établissements de production, dont 156 pour le secteur des boissons, 86 pour celui de la viande, 40 pour la meunerie, 37 pour les produits laitiers. Ces établissements emploient plus de 11 000 salariés. Nous avons également une multitude de petites entreprises de moins de 20 salariés.
Sont-elles des sous-traitantes des grands groupes ?
Non, elles sont plutôt positionnées sur des marchés de niche et exportent beaucoup. La filière fromage par exemple est constituée de très petites entreprises mais qui exportent près de 30 % de leur production. Ce sont des TPE dynamiques qui ont compris que l'export était une bonne façon de restaurer leurs marges.
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L'industrie agroalimentaire en Bourgogne connaît-elle des difficultés ?
Comme dans toutes les régions, nos entreprises souffrent et notamment dans le secteur du poulet. Heureusement, nous avons connu peu de défaillances d'entreprises ces dernières années mais les marges sont au plus bas pour tout le monde. Ca dure depuis 2007. C'est une dégradation lente, sans à-coup, un peu plus chaque année. Les marges s'érodent. Les banques ne veulent pas financer le BFR. Il ne faut pas que ça dure encore trop longtemps comme cela. Nous venons de terminer les négociations annuelles avec la grande distribution. Elles ont été catastrophiques. Elle n'a accordé aucune marge complémentaire à nos entreprises. C'est difficile.
Quelles sont les actions de l'Aria Bourgogne pour soutenir ses 120 adhérents ?L'Aria Bourgogne mène ses actions de lobbying auprès des pouvoirs publics et ses missions de conseils dans les domaines de la qualité, de la sécurité, de la compétitivité des entreprises, de leur déploiement à l'international auprès de ses adhérents. Mais notre force de frappe se situe principalement sur la promotion et la valorisation de nos métiers et de nos produits en France et à l'international. Des délégations de chefs d'entreprise de l'industrie agroalimentaire seront accompagnées au salon Foodex au Japon début mars, au Sial en Chine en mai, au Fancy Food Show de New York en mai... Les entreprises qui exportent 30 à 40 % de leur chiffre d'affaires sont celles qui tirent leur épingle du jeu. En France, nous allons organiser un salon avec les principales enseignes de la grande distribution pour leur montrer tous nos produits de niche. A l'automne, c'est une action auprès du grand public qui sera proposée, avec une journée dédiée à la promotion de nos métiers et de nos savoir-faire. Car nous devons aussi faire face à une autre problématique, notamment pour les sites installés en zone rurale : attirer des compétences et faire oublier l'histoire de la viande de cheval dans les lasagnes...