On en parle beaucoup, mais on l’attend toujours. Le rééquilibrage des pouvoirs au sein de la chaîne alimentaire en faveur des agriculteurs – et donc le renforcement de leur organisation en dépit de la rigidité de la politique de concurrence de l’UE – est, avec la lutte contre les pratiques commerciales abusives, jugé essentiel dans les débats en cours sur l’avenir de la Pac. Phil Hogan y fait régulièrement référence, et le Parlement européen l’a unilatéralement intégré dans le projet de règlement fourre-tout dit omnibus. Les services du commissaire européen à l'agriculture, en coopération avec – voire surveillés par – ceux de la concurrence, viennent enfin de rendre publiques leurs options pour « l’initiative » que la Commission compte prendre en mars 2018 au plus tôt afin d’« améliorer la chaîne d’approvisionnement alimentaire ». La question essentielle du lien entre « coopération des producteurs » et droit de la concurrence est renvoyée aux « discussions sur la Pac après 2020 ». Une possibilité partielle est néanmoins envisagée : l’extension à tous les secteurs des pratiques autorisées actuellement entre betteraviers et entreprises sucrières pour la « répartition de la valeur ». Contre les pratiques commerciales déloyales, la gamme des options va du statu quo – possibilité pour les États membres d’instaurer une obligation de contrats écrits – à une législation « minimum » ou bien plus pointue pour « protéger les opérateurs les plus faibles », en passant par de simples « recommandations ». Mais on connaît l’aversion de la Commission Juncker vis-à-vis de la très critiquée sur-réglementation européenne. On est encore loin du compte, et toujours en plein dans le conte d’Alphonse Daudet.

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