Depuis sa naissance en 1950 dans la petite commune de Lanfains dans les Côtes d’Armor, la petite coopérative Armoricaine Laitière, qui collecte 34 millions de litres de lait auprès de 130 producteurs, doit sa pérennité à une politique permanente d’innovations.
L'Armoricaine laitière a pris pied sur le segment des fromages à pâte dure de type italien – l'appellation « Parmesan » est désormais réservée à la production de quelques communes d'Italie – lorsque les quotas laitiers ont été mis en œuvre en 1984 dans la Communauté européenne. Or, la concurrence de plus en plus forte qui s’exerce sur ce marché, tout comme du reste dans l'ultra-frais, son premier métier, la contraint à développer aujourd’hui plus qu'hier encore « la qualité, le service et les innovations», explique son nouveau directeur général, Jean-Paul Linet. « Des opérateurs d’Europe de l’Est, notamment de Lituanie, entrent sur le marché orienté vers l'industrie avec des prix inférieurs aux nôtres de 20 à 30 % ».
L’Armoricaine Laitière réalise quelque 20 % de ses 15 à 20 millions d’euros de chiffre d’affaires dans ces fromages dont elle produits 500 à 600 tonnes par an et qu'elle commercialise pour moitié sous forme de meules aux industriels et aux grossistes, et pour l’autre sous forme de râpé destiné aux industriels et, pour une petite part, à la grande distribution. Elle en exporte les trois quarts, surtout vers l’Italie.
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Le marché de l'ultra-frais s’européanise de même et l’Armoricaine laitière, qui en tire la moitié de son chiffre d’affaires, se voit de plus en plus concurrencée par « des produits allemands et autrichiens en particulier», présents sur le segment des yaourts à boire. Quant à ses autres activités, crèmes et laits écrémés notamment, qui engendrent 20 % des ventes, elles sont exposées à la tendance baissière du prix des produits basiques.
L'Armoricaine Laitière se doit donc d'innover de plus belle, une stratégie qu'elle estime pouvoir mettre en œuvre facilement du fait de sa taille. Son dirigeant envisage un « lancement de nouveaux produits ou emballages dans les fromages » et songe à enrichir son offre de yaourts à boire. L'entreprise pourrait, dès cette année, engager un investissement industriel dans l'ultra-frais, avant d'en entreprendre un autre dans les fromages.