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L'asperge face à des consommateurs vieillissants

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Confrontée à une cible de consommateur vieillissante, la filière de l’asperge française, réunie à aux Asparagus Days à Angers, s’intéresse au public des moins de 35 ans. Pour convaincre les jeunes adultes de revenir vers ce légume, elle veut faire bouger les lignes sur les usages de consommations

À l’occasion des Asparagus Days, évènement international de la filière asperge, qui se tenait à Angers le 29 et 30 octobre, Céline Genty, animatrice de l’AOPn Asperge de France, a exposé les tendances de consommation de ce légume. Lors des dix dernières années la consommation d’asperge, est restée stable, voire en légère augmentation, après toutefois une décennie d’effondrement. « Nous avons simplement arrêté l’hémorragie. »

Ce qui inquiète aujourd’hui les producteurs, c’est le vieillissement de la moyenne d’âge des consommateurs de ce légume. Selon les données Kantar World Panel, 85 % des asperges achetées par les ménages le sont par des personnes de plus de 50 ans. Une tendance plus forte que dans l’ensemble du secteur des fruits et légumes où ce chiffre s’établit à 64 %. Les moins de 35 ans ne représentent, eux, que 10 % des achats d’asperges.

L’une des raisons du désamour pour ce légume réside dans son usage. Il est aujourd’hui considéré majoritairement comme une entrée froide. Avec la contraction du repas des Français, cette étape tend à disparaître au profit de l’apéritif. Or, l’asperge est difficilement consommable lors de ce nouvel usage.

Changer l’image de l’asperge

« Nous devons travailler sur la communication autour des différentes manières de cuisiner et consommer l’asperge », plaide Céline Genty. En écho à l’évolution des usages, l’animatrice d’Asperges de France insiste également sur la méconnaissance de la diversité de ce légume par les moins de 35 ans.

L’asperge verte pourrait notamment trouver sa place dans les nouveaux modes de consommation. Selon une étude du CITFL auprès de ce public, sa couleur lui permet d’être plus facilement associée à un légume que l’asperge blanche. Depuis dix ans la culture de l’asperge verte a augmenté de 30 % en France. Son implantation reste difficile dans les Landes, première région productrice d’asperge de France, car elle doit y être protégée du sable.

L’étude du CTIFL montre également que « l’asperge est en phase avec les attentes de cette population qui veut donner du sens à ses achats. C’est un légume de saison, bon pour la santé et souvent local », rapporte Céline Genty. Autre point relevé par cette étude, les jeunes adultes sont de plus en plus influencés par les plats qu’ils consomment en restauration commerciale. Or, « on voit encore très peu d’asperge à la carte des restaurants, même en pleine saison », constate-t-elle.

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85 % des asperges achetées par les ménages le sont par des personnes de plus de 50 ans

Asperge bio : une filière déjà structurée

La culture de l’asperge en agriculture biologique compte aujourd’hui 300 ha en France, soit 6 % de la surface nationale. « C’est un mode de production qui a été testé pour la première fois en 1990 sur 20 ares dans les Landes. Actuellement nous assistons à une accélération des conversions », retrace Didier Dupras, technicien asperge chez Befve & co. Selon lui, il y a une grande disparité dans les structures qui développent ce mode de production. Les surfaces de production vont de très petites à plus de 100 ha pour la plus importante.

La valorisation économique de l’asperge en bio est supérieure en moyenne de 1€ et 1,5€ au prix conventionnel. Pour soutenir le développement de l’asperge bio, une association de producteurs, l’Apab, a été créée en 2015. Elle réunit 25 membres de la filière et a pour objectif de les soutenir notamment sur l’aspect réglementaire. C’est par cette structure que les dérogations sur l’utilisation de produits phytosanitaires sont demandées.

Asperge : l’Allemagne à l’offensive

La production au sein de l’UE est en hausse de 50 % sur les 10 dernières années, alors que la production française reste stable. L’Allemagne représente 40 % de la production intra-commmunautaire avec plus de 130 000 tonnes produites en 2018. Le pays ne récoltait que 80 000 t en 2006. À titre de comparaison, la production française représente 21 627 tonnes.