Réunis en session plénière le 11 février à Strasbourg, les eurodéputés devaient sans trop de difficultés voter en faveur de la résolution sur l'indication obligatoire du pays d'origine des viandes utilisées dans les aliments transformés. Présentée par la commission parlementaire de l'environnement et de la sécurité alimentaire, cette résolution demande à la Commission européenne de proposer – dans les meilleurs délais – une législation en ce sens.
A l'heure où nous mettions sous presse le 11 février, le Parlement européen, réuni en session plénière à Strasbourg devait adopter – à une assez large majorité selon un porte-parole – la résolution présentée par sa commission de l'environnement et de la sécurité alimentaire sur l'indication du pays d'origine de la viande utilisée dans les aliments transformés. Laquelle résolution réclame la mention obligatoire du pays d'origine ou de provenance de toutes les viandes utilisées dans les aliments transformés (1). Selon cette résolution, la confiance des consommateurs doit être impérativement restaurée après les scandales alimentaires récents, tels que celui de la viande de cheval de l'année 2013, qui a ébranlé les consommateurs. Selon les eurodéputés, l'étiquetage obligatoire de l'origine de la viande utilisée comme ingrédient, permettrait d'assurer une meilleure traçabilité tout au long de la chaîne d'approvisionnement alimentaire et d'accroître la diligence lorsque les opérateurs du secteur alimentaire choisissent leurs fournisseurs et leurs produits. Ils invitent donc la Commission européenne à faire rapidement des propositions législatives visant à rendre obligatoire l'indication de l'origine de la viande dans les aliments transformés, afin d'assurer plus de transparence tout au long de la chaîne alimentaire et de mieux informer les consommateurs européens, tout en évitant des coûts et des charges administratives excessifs pour les opérateurs du secteur alimentaire.
FRAUDE ALIMENTAIRE ET CONFIANCE DANS LA CHAÎNE ALIMENTAIRE
Les eurodéputés devaient à nouveau fait part de leurs préoccupations concernant les effets potentiels de la fraude alimentaire sur la sécurité des aliments, la santé des consommateurs, leur confiance, le fonctionnement de la chaîne alimentaire et la stabilité des prix agricoles. Ils soulignent également qu'il est crucial de lutter en priorité contre la fraude alimentaire afin de rétablir rapidement la confiance des consommateurs européens. S'ils reconnaissent que l'étiquetage du pays ou du lieu d'origine de la viande et des produits carnés n'empêche pas la fraude (comme dans le cas des lasagnes à la viande de cheval), ils considèrent toutefois que la mention obligatoire de l'origine constitue un système de traçabilité rigoureux qui contribue à détecter d'éventuelles infractions et à lutter contre celles-ci. Les députés européens soulignent par ailleurs que des règles plus strictes en matière de traçabilité permettraient également aux autorités d'enquêter plus efficacement sur les cas de fraude alimentaire. Ils estiment aussi que l'étiquetage des denrées alimentaires doit prendre en compte la transparence de l'information et la lisibilité de celle-ci par les consommateurs, tout en permettant la viabilité économique des entreprises européennes dans des conditions acceptables pour le pouvoir d'achat du consommateur.
QUID DE LA RÉPERCUSSION SUR LES PRIX ?
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Les députés font également observer qu'en ce qui concerne les répercussions sur les prix, les résultats d'une étude menée par une association française de consommateurs divergent fortement des conclusions du rapport de la Commission en matière de coûts liés à l'introduction de l'indication du pays d'origine sur l'étiquette. Ils recommandent que cette question soit examinée plus en profondeur afin de mieux comprendre les effets possibles sur les prix, pourvu que cet examen se fasse conjointement avec les organisations de consommateurs et qu'il ne retarde pas les propositions législatives. Les adversaires de la résolution parlementaire, de leur côté, font observer que l'étiquetage obligatoire du pays d'origine des viandes n'a pas été en mesure de prévenir la fraude comme par exemple dans le scandale de la viande de cheval. Ils affirment également que l'étiquetage obligatoire du pays d'origine augmenterait considérablement les coûts de production et constituerait un fardeau trop lourd pour l'industrie alimentaire, et en particulier pour les petites et moyennes entreprises qui représenteraient 90 % des entreprises opérant dans le secteur de transformation de la viande de l'UE.
(1) Selon l'État membre concerné, 30 à 50 % du volume total de viande abattue est transformée en ingrédients carnés pour denrées alimentaires, essentiellement en viande hachée, préparations carnées et autre produits carnés.
Selon un sondage réalisé auprès des consommateurs en 2013 par le consortium d'évaluation de la chaîne alimentaire, c'est l'indication du pays d'origine de la viande dans les aliments transformés qui a obtenu le score le plus élevé dans les différents groupes alimentaires couverts par l'enquête. Un examen plus ciblé des différents types de produits transformés à base de viande a montré que plus de 90 % des consommateurs interrogés estiment qu'il est important que l'étiquette mentionne l'origine des produits, montrant par là qu'il s'agit de l'un des principaux facteurs susceptibles d'influencer le comportement du consommateur.