Abonné

Charcuterie/Investissement L’Atelier de l’Argoat se dote d’un atelier de tranchage

- - 5 min

L’Atelier de l’Argoat, spécialiste de la production d’andouille, connaît un développement continu depuis sa reprise par Joël Tingaud en 2004. Cette PME de 72 personnes vient de se doter d’un atelier de tranchage pour internaliser la fabrication de barquettes, segment en très fort développement. Prochaine étape, faire connaître l’entreprise. Le tout dans le contexte très compliqué de la filière porcine.

L’Atelier de l’Argoat (Plélan le Grand, 35), repris en 2004 par Joël Tingaud, aborde une nouvelle phase de développement, avec l’installation d’un atelier de tranchage. « Les ventes de produits tranchés en frais emballé se développent très fortement et il était crucial pour nous de gagner notre autonomie sur le tranchage », explique le dirigeant. Jusqu’ici sous-traitée à Jean Brient, la production a atteint 500 000 barquettes en 2012 et devrait passer à 700 000 cette année.
1,1 M EUR a été investi dans cet atelier (800 000 euros en immobilier, 250 000 euros en matériel), qui va permettre à l’Atelier de l’Argoat de produire plusieurs formats, dont des plateaux, mais aussi de s’ouvrir à la prestation de service (1 M EUR avait déjà été investi en 2010/2011 pour un agrandissement et la partie administrative).
« Avec cet investissement, nous passons d’un savoir-faire manuel, celui de la fabrication des andouilles, qui sont produites à la main, à un savoir-faire de haute technicité. On s’approprie un nouveau métier, on se donne une liberté d’action et des capacités de R & D. C’est important pour préparer l’avenir », souligne Joël Tingaud.
Les produits tranchés pèsent environ 15 % des 5,6 M EUR de chiffre d’affaires de la PME, une part qui pourrait facilement passer à 30 % pour le dirigeant. Et qui permet à l’entreprise d’améliorer son mix produit. En 2012, les volumes ont progressé de 3,5 % mais le prix moyen de 9 à 10 %. Cette année, la croissance des ventes devrait dépasser 10 %, comme les deux dernières années.
 
Une reconstruction par étapes
Autre enjeu pour l’Atelier de l’Argoat, se faire connaître. Avec des produits vendus en MDD ou frais emballé, ou encore à la restauration (un tiers des ventes), la marque et le nom de l’entreprise manquent de notoriété. Joël Tingaud projette d’ouvrir un magasin d’usine d’ici à 2014. Il sera accolé à la galerie de visite, qui permet d’observer la fabrication manuelle des produits. Le site internet doit également être enrichi notamment d’un site marchand. « On a aussi un réseau d’acteurs qui aiment et portent le produit », se félicite Joël Tingaud.
Depuis fin 2004, le chiffre d’affaires de l’Atelier de l’Argoat est passé de 3,6 à 5,6 M EUR et l’effectif de 39 à 72 personnes (avec 9 créations nettes d’emploi cette année). De 520 t en 2012, la production devrait passer à 530 t cette année, dont 65 % d’andouille de Guéméné. Après la redéfinition du projet d’entreprise (la fabrication de l’andouille a ainsi été « détaylorisée », chaque opérateur gère désormais l’ensemble de sa pièce, la mise en place d’un projet de valorisation des graisses animales, qui a permis à l’entreprise de retrouver des droits à produire, et l’assainissement de la situation financière (l’entreprise a retrouvé des fonds propres positifs fin 2011), Joël Tingaud travaille aux développements futurs. Avec le nouveau savoir-faire du tranchage, mais aussi avec des bonnes pratiques. « Nous avons organisé l’entreprise en réseau informatisé ouvert et partagé, pour que chacun ait accès à l’information dont il a besoin. La matière la plus importante à traiter dans une entreprise, c’est l’information et chacun doit avoir conscience de l’importance de transmettre l’information », déclare le dirigeant.
 
Développer l’activité malgré l’épée de Damoclès des matières premières
Mais la hausse du prix des matières premières (+ 45 % pour les chaudins en deux ans et demi) et les difficultés de la filière porcine bretonne inquiètent Joël Tingaud. « Notre plus grand danger, c’est la filière porcine. On travaille 2 200 t de chaudins, qui, tels qu’on les utilise, ne sont pas forcément produits ailleurs, notamment à l’étranger. Nous sommes contents de travailler avec des abattoirs bretons, mais que se passera-t-il si la production continue à diminuer ? Le prix et la disponibilité des matières premières sont une épée de Damoclès alors que l’on a procédé à neuf créations nettes d’emploi depuis le début de l’année… », se désole-t-il.
En attendant, l’entreprise veut poursuivre son développement. Cela passe par le développement des ventes à la restauration. « On augmente les ventes en RHF grâce à un excellent référencement chez Metro. On travaille sur plus de 30 plateformes et à terme sur l’ensemble, soit 91 plateformes. Comme c’est un produit fait main, ils acceptent de nous laisser monter en puissance », se félicite Joël Tingaud. Et avec le tranchage, la capacité de production de l’atelier sera à terme de 800 à 900 t. Et en automatisant et en ajoutant une ligne, elle pourrait atteindre 3 M t.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

installation
Suivi
Suivre