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Distribution/Cessions Laurus et Casino en voie de désendettement

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Filiale à 45% du groupe Casino, le distributeur hollandais Laurus cède pour 354 millions d’euros 223 magasins Edah ainsi que 29 supermarchés Konmar. Une opération qui apporte de l’argent frais pour combler sa dette de 359 millions d’euros. De son côté, le cinquième distributeur français est toujours engagé dans une cession d’actifs non stratégiques qui devrait lui rapporter 2 milliards d’euros. Fort d’un chiffre d’affaires de 5,9 milliards d’euros pour son premier trimestre 2006, en hausse de 17%, le distributeur français entend continuer son développement à l’étranger et concentrer ses efforts dans l’Hexagone sur le discount et le commerce de proximité.

Mêmes maux, mêmes remèdes. Endettés, Casino et Laurus sont engagés dans un processus de cession d’actifs pour assainir leur situation financière. Le numéro deux de la distribution aux Pays-Bas est déjà passé de la théorie à la pratique : coup sur coup, Laurus vient de conclure la vente de ses enseignes Komnar et Edah.

Laurus encaisse 354 millions d’euros

Filiale du groupe Casino, qui détient 45% de son capital, le distributeur va céder d’ici le troisième trimestre 2006 ses 223 points de ventes Edah aux grossistes Sligro Food Group et B. V. Sperwer Holding. Ce consortium va débourser 221 millions d’euros pour cette acquisition. Et deux jours après cette annonce, le 31 mai, Laurus concluait la vente de ses magasins Konmar. Son compatriote Ahold lui reprend 29 supermarchés pour un montant de 110 millions d’euros : 23 dans le panier de la maison mère, Ahold NV, et 6 autres dans celui de sa filiale Schuitema. L’opération devait être bouclée au quatrième trimestre. Enfin, séparément, Jumbo acquiert 12 autres supermarchés Konmar pour 23 millions d’euros. Des cessions qui donnent la possibilité à Laurus de concentrer ses efforts sur son enseigne Super de Boer. Et qui lui rapportent au total 354 millions d’euros.

Un chiffre d’affaires en retrait de 8,2%

De l’argent frais bienvenu dans les comptes de Laurus, qui va lui permettre de réduire un endettement qui atteint 359 millions d’euros sur son exercice 2005. Sur cette période, Laurus affiche un EBIT négatif de 25 millions d’euros (contre 125 millions un an plus tôt), et un déficit net consolidé de 66 millions d’euros. Subissant la guerre des prix qui fait rage aux Pays-Bas, son chiffre d’affaires aura régressé de 8,6 % par rapport à 2004, atteignant 3,2 milliards d’euros.

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Un programme de cession de 2 milliards d’actifs

Au cours de l’assemblée générale du groupe Casino, qui s’est tenue le 31 mai, Jean-Charles Naouri, s’est déclaré « très satisfait» de ces opérations. Le p.-d.g. du cinquième distributeur de l’Hexagone vise pour fin 2007 une réduction de sa dette financière nette à moins de 2,5 fois son excédent brut d’exploitation contre 3,5 fois en 2005. Sur ce dernier exercice, le groupe a déjà ramené son gearing de 141 % en 2004 à 96 %. Le groupe stéphanois s’est ainsi engagé dans un programme de cession d’actifs non stratégiques de deux milliards d’euros d’ici fin 2007. Comme l’ont annoncé certaines rumeurs, Casino pourrait envisager de céder ses cafétérias. Jean-Charles Naouri a également prévenu qu’il procédait à une revue stratégique de ses activités en Pologne. Aucune décision ne semble prise à ce jour. Premier pays d’implantation du groupe (après les Pays-Bas) avec 297 points de vente, la Pologne pourrait regrouper selon les estimations 1,5 milliard de dollars d’actifs pour le groupe.

Des résultats tirés par l’international

Les premiers résultats 2006 de Casino sont en tout dans la lignée des prévisions annoncées. Sur le premier trimestre de l’exercice, la croissance organique du groupe stéphanois s’établit en effet à 3,8 % (contre 2,3 % sur l’ensemble de 2005). Son chiffre d’affaires s’élève à plus de 5,9 milliard d’euros, en progression de 17 %. Bien qu’elle ne représente encore que 30 % de ses facturations, son activité à l’international croît de près de 70 %. Fort de ces résultats, Jean-Charles Naouri a de nouveau insisté sur la volonté de son groupe de recentrer son portefeuille sur ses actifs les plus rentables : à l’étranger, Casino souhaite se renforcer en Amérique latine (Brésil, Colombie) ainsi qu’en Asie du Sud-Est (Thaïlande, Viêtnam), alors que dans l’Hexagone, priorité est donnée au développement du commerce de proximité et au discount.