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Viande bovine L’auto-approvisionnement à 100% n’est pas un objectif de Bruxelles

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Les professionnels français de l’élevage n’ont pas eu droit à la langue de bois lors d’un colloque sur la réforme de la Pac organisé le 7 décembre par l’Institut de l’Elevage. Alors qu’ils s’alarmaient du déficit européen enregistré depuis 2 ans en viande bovine, ils se sont vus répondre par le représentant de la Commission européenne qu’il n’était pas dans les objectifs de l’UE d’assurer pour ce secteur un auto-approvisionnement à 100%.

« Le fait d’être devenu déficitaire en viande bovine est-il une mauvaise chose ? Je ne crois pas que la société répondrait par la négative. Si le choix pour le consommateur se voit élargi avec des produits du Brésil, de l’Argentine, de l’Uruguay ou de l’Australie, je ne vois pas pourquoi ce serait une mauvaise chose». Laars Hoelgaard, directeur des produits animaux à la Commission européenne, a mis les pieds dans le plat lors de la dernière table ronde du colloque de l’Institut de l’élevage consacré à la réforme de la Pac. Il répondait ainsi à Pierre Chevalier – le président de la Confédération nationale de l’élevage – qui s’était alarmé quelques minutes plus tôt du déficit européen enregistré pour la deuxième année consécutive en viande bovine. Pour le fonctionnaire bruxellois, l’Union européenne ne doit pas forcément viser à s’assurer un auto-approvisionnement à 100% dans tous les secteurs agricoles. « Ce n’est pas un but de la politique bovine » a t-il lancé. « En ovin, on reçoit de très bons produits de Nouvelle-Zélande», se permet-il d’ajouter.

« Pour pouvoir exporter, il faut pouvoir importer »

Laars Hoelgaard précise sa pensée : « Pour pouvoir exporter, il faut pouvoir importer (...) et on ne peut discuter de la politique agricole de manière isolée du reste de la société ». Le message devient encore plus précis : « Airbus, Peugeot, Thomson... veut-on les exporter ?», interroge le responsable bruxellois ; une manière de faire comprendre aux professionnels de l’élevage que l’agriculture peut servir de monnaie d’échange dans les négociations commerciales.

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Visiblement habitué à entendre ce type de discours, Joseph Daul, le président de la commission agricole du Parlement européen, lache même à l’assistance : « Les plus va-t-en guerre de Bruxelles, vous ne les avez pas entendus !» Sans s’exprimer directement sur la question de l’auto-approvisionnement en viande bovine, le député européen appelle à « être vigilant pour avoir un accord équilibré, pas seulement au niveau agricole, au niveau de l’OMC ».