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Agriculture durable À Laval, les agricultures durables donnent de la voix

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400 personnes se sont rassemblées à Laval, du 24 au 26 août pour débattre des agricultures durables. L’occasion pour les organisateurs de réfléchir à un argumentaire commun et s’imposer dans un planning politique chargé.

Défi relevé. Tel est le sentiment des organisateurs, à l’issue des 1eres « rencontres nationales des agricultures pour des territoires vivants » qui se sont déroulées à Laval du 24 au 26 août. Ils dénombrent plus de 400 inscrits, et soulignent la présence de deux ministres, Stéphane Le Foll et Guillaume Garot, un signe de « reconnaissance ministérielle », selon les mots de Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne. Trois séances plénières et sept ateliers auront permis d’aborder des thèmes variés : énergie, aide alimentaire, foncier, Pac, politique rurale, coopération, ou encore régulation des marchés.

« Toutes les agricultures ne se valent pas »

L’enjeu était double : réfléchir en interne, d’un côté et porter des messages politiques, de l’autre. En effet, il s’agissait de réunir neuf réseaux associatifs et syndicaux (voir encadré) que rapproche leur vision de ce que pourrait être l’agriculture demain. Et de partir d’une réflexion : « Certes il y a une diversité d’agricultures, mais toutes ne se valent pas. Certaines sont plus vertueuses, sur les plans de la justice sociale, de leur qualité environnementale et alimentaire », pose Jean-Marc Bureau, président de la Fédération nationale des Civam. Réflexion commune et échange d’expérience ont donc été menés au sein des ateliers. Ainsi, « les ateliers sur la Pac ont conclu à l’urgence de redistribuer les aides européennes et de sortir du système de référence historique à l’hectare », retient par exemple Jean-Marc Bureau. Sur la Pac, le ministère de l’Agriculture semble à l’écoute de propositions, relèvent les organisateurs. Le deuxième enjeu de ces rencontres était politique. Le 24 août, un débat était organisé avec Stéphane Le Foll, l’occasion pour les structures organisatrices d’interpeller le ministre sur de nombreux sujets (voir encadré).

Bannière commune

Reste maintenant à transformer l’essai. Les organisateurs ont l’intention de rédiger des actes pour partager les conclusions des ateliers. Ils constitueront une sorte d’argumentaire commun sur les thèmes débattus. Des positions qui seront défendues par chacun des neuf réseaux initiateurs, au cours des prochains rendez-vous politiques. Si la bannière est commune, « pas question pour autant de créer une nouvelle structure, précise Jean-Marc Bureau. Car des réseaux existent déjà entre nos structures, comme le pôle Inpact », Initiatives pour une agriculture citoyenne et territoriale), qui rassemble Accueil Paysan, l’Afip, les agriculteurs biologiques, Terre de Liens, les Civam et le Réseau agriculture durable.
En revanche, le travail commun pourrait se poursuivre. Les organisateurs se retrouveront en septembre pour faire le point. Les rencontres des agricultures pourraient être renouvelées, peut-être tous les deux ans. Ce premier rendez-vous restera cependant très singulier : il s’inscrit à la fois à six mois des élections aux chambres d’agriculture, en plein débat sur la réforme de la Pac, et alors que ce mandat présidentiel s’ouvre sur la promesse d’une loi sur l’agriculture, une réflexion que devrait inaugurer la conférence agricole prévue le 7 septembre.

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