Lavazza, qui était en lice pour la reprise de L'Or et Grand-Mère, s'intéresse désormais à Carte Noire. Comme la première opération envisagée, la cession de Carte Noire est prévue par Mondelez et DEMB afin d'obtenir l'aval des autorités européennes de la concurrence pour le projet de fusion de leurs activités café. Mais Bruxelles ne s'intéresse pas qu'aux marques des deux groupes. Les systèmes de dosettes présents sur le marché européen font aussi l'objet d'un examen.
Le groupe italien Lavazza détient des droits exclusifs pour un éventuel rachat de la marque Carte Noire à l'américain Mondelez International, ont déclaré les deux sociétés le 24 février selon Reuters. Depuis qu'ils ont annoncé la fusion de leurs activités café en mai dernier, les groupes Mondelez et DEMB (1) se préparent à satisfaire les exigences des autorités européennes de la concurrence. Ils envisageaient dans un premier temps de se défaire de L'Or et Grand-Mère (DEMB), mais ce projet semble ne pas avoir suffi à Bruxelles. Ils abandonneraient donc plutôt Carte Noire, issue du portefeuille de Mondelez.
LA CESSION DE PARTS DANS KEURIG RAPPORTE PLUS DE 500 MILLIONS D'EUROS À LAVAZZA
En parallèle, le groupe italien a cédé plus de la moitié de sa participation dans le groupe américain Keurig Green Mountain pour environ 624 millions de dollars (555 millions d'euros). Sa participation atteint désormais environ 3 % du capital. « Nous continuons à croire à la valeur de cet investissement mais Lavazza est actuellement engagé dans des opérations stratégiques, sans lien avec cette société, qui nécessiteront des liquidités importantes », a déclaré le groupe dans un communiqué.
Un montant de 600 millions d'euros était évoqué pour le rachat de L'Or et Grand Mère. Celui de Carte Noire devrait logiquement s'avérer plus onéreux. « Carte Noire est la dixième marque mondiale de café avec 1,3% du marché de détail. Le rachat de ses activités européennes permettrait à Lavazza, le numéro sept mondial du marché, de se renforcer et d'éloigner le risque d'être lui-même racheté par un concurrent », analyse Reuters.
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LES PRÉOCCUPATIONS DE BRUXELLES SONT NOMBREUSES
La cession de Carte Noire suffira-t-elle à obtenir l'aval de Bruxelles ? Au-delà des marques, le gendarme européen de la concurrence s'intéresse aussi au nombre d'acteurs présents sur les systèmes de dosettes. « La transaction réduirait significativement la concurrence sur le café moulu et en grains en France, au Danemark, en Lettonie, mais aussi sur les dosettes souples en France et en Autriche. DEMB et Mondelez sont aussi les industriels les plus importants sur le marché des capsules compatibles Nespresso vendues en grande distribution », explique ainsi un communiqué du 15 décembre, qui annonçait une investigation plus poussée (les résultats sont attendus en mai). Autre source de préoccupation de Bruxelles, le fait que les systèmes de dosettes Senseo et Tassimo soient réunis dans le même giron. L'opération réunirait Senseo (DEMB) et Tassimo (Mondelez), qui sont deux des systèmes de ce type majeurs en Europe, aux côtés de Dolce Gusto et Nespresso (les deux systèmes sont dans le giron de Nestlé).
(1) La nouvelle entité sera contrôlée par la holding de tête de DEMB, actionnaire à 51 %, selon l'annonce des deux groupes en mai 2014.
Alors que Mondelez s'apprête à céder le contrôle de ses activités café à DEMB (avec une participation de 49 % dans la nouvelle entité), il se désengage totalement du secteur au Japon. Il y détenait une co-entreprise à 50/50 avec le japonais Ajinomoto, qui va reprendre l'intégralité de ses parts. La transaction s'élève à 27 milliards de yens (200 millions d'euros), selon un communiqué d'Ajinomoto du 27 février.