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Sécurité alimentaire L’avenir des politiques internationales d’aide alimentaire en discussion

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Les négociations internationales sur l’aide alimentaire sont à un tournant, explique un rapport du Centre international pour le commerce et le développement durable. Cette aide a beaucoup évolué ces dernières années et il est temps de revoir les traités internationaux en la matière.

C’est le bon moment pour revoir la politique d’aide alimentaire internationale, souligne une étude du Centre international pour le commerce et le développement durable (ICTSD). Ce travail, qui porte sur les moyens d’améliorer l’efficacité de l’aide alimentaire, montre que cette aide a beaucoup évolué ces dernières années. Elle représenterait aujourd’hui 5 à 6 millions de tonnes par an (principalement des céréales) soit 3% de l’aide au développement et moins de 20% de l’aide humanitaire. Mais cette aide est de plus en plus dévolue à l’aide d’urgence. En 1989, l’aide alimentaire d’urgence représentait 15% de l’aide alimentaire totale, en 1999 elle atteignait 31% et en 2009 75%.
Selon l’auteur de l’étude, Edward Clay, chercheur de l’Institut de développement de l’outremer (un think tank britannique), « l’aide alimentaire peut être appelée à jouer dans l’avenir un rôle utile en contribuant à la sécurité alimentaire mondiale comme une aide d’urgence. Par contre, il ne faut pas s’attendre à ce qu’elle apporte une contribution significative à la sécurité alimentaire nationale dans les pays les moins avancés et importateurs nets de produits agricoles ». Il estime que l’aide alimentaire peut permettre de régler des crises régionales majeures mais exceptionnelles. Par contre, les niveaux actuels de ressources ne permettent pas de faire face à « un risque systémique tel que la flambée mondiale des prix alimentaires observée en 2007-2008 ».

Subventions déguisées

Deux négociations internationales actuellement en cours permettraient de remettre à plat la politique internationale en la matière. D’une part, la convention sur l’aide alimentaire (gérée par le Conseil international des céréales) expire en juin 2012 et doit être renouvelée, et d’autre part les discussions dans le cadre du cycle de Doha semblent avoir abouti sur ce point à un consensus. La signature d’un accord à l’OMC permettant de minimiser le risque que l’aide alimentaire en nature soit une subvention déguisée aux productions agricoles des pays exportateurs (par l’évaluation des besoins réels par une organisation internationale ou un organisme régional notamment) pourrait résoudre une partie du problème. Si ces deux accords pouvaient être signés, indique le rapport, ils pourraient répondre en partie à la situation actuelle en agissant à la fois sur l’aide d’urgence et l’aide alimentaire.

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