Abonné

UE/Etiquetage L’avis de l’AESA sur les acides gras trans menace l’industrie laitière

- - 3 min

Le projet d’avis scientifique de l’AESA (1) relatif à l’étiquetage des matières grasses contenues dans les produits laitiers ne plaît pas à l’industrie européenne. Laquelle se dit très préoccupée parce que les conclusions des experts sur les acides gras saturés et acides gras trans d’origine animale indiquent qu’ils seraient néfastes pour la santé des consommateurs.

Le projet d’avis du groupe d’experts de l’AESA sur les produits diététiques, la nutrition et les allergies soulève plusieurs questions en matière d’acides gras saturés et d’acides gras trans (AGT) qui constituent « une menace pour l’industrie laitière ». La principale préoccupation pour l’industrie est que les résultats de recherches scientifiques pertinentes des 5 à 10 dernières années « n’auraient pas été pris en compte par les scientifiques de l’AESA ». Parmi ces « lacunes » relevées par son lobby auprès de l’UE, l’European Dairy Association (EDA), figurent notamment les conclusions qui indiquent qu’il n’y a aucune différence entre les acides gras trans des ruminants et les acides gras trans industriels. Les scientifiques européens déclarent aussi que « les preuves disponibles indiquent que les acides gras provenant de ruminants ont des effets néfastes similaires à ceux de source industrielle sur la santé des consommateurs ».

Au nom d’études plus récentes
Le projet d’avis de l’AESA recommande donc que « l’apport d’acides gras trans et d’acides gras saturés soit aussi faible que possible dans le cadre d’une alimentation nutritionnellement adéquate ». L’European Dairy Association répète au contraire qu’il est prouvé que les AGT d’origine naturelle produits par les ruminants se distinguent des AGT produits de façon industrielle. Selon elle, il convient de faire une distinction entre les sources, car, à ses yeux, « la dose d’AGT laitiers dans l’alimentation européenne est faible et aucun effet négatif sur le coeur n’a été détecté dans le cas de la consommation d’une dose normale d’AGT laitiers ». Selon EDA, de récentes études confirmeraient même « que la consommation d’AGT produits par les ruminants 2 à 3 fois supérieure à la dose moyenne européenne obtenue lorsque l’on suit des recommandations diététiques en matière de produits laitiers n’a aucun impact sur les facteurs de risque de maladies cardiovasculaires ». L’EDA affirme que les AGT laitiers ne sont pas nocifs et devraient donc être exemptés de tout étiquetage sur la présence d’acides gras.
L’EDA promet de fournir des informations pertinentes pour la consultation publique organisée sur la question par l’AESA jusqu’au 15 octobre 2009. En vue de préparer une réponse de l’industrie laitière européenne à la consultation publique elle a décidé de prendre contact avec la FIL (Fédération internationale laitière) et le GDP (Global Dairy Platform) (2).

(1) Autorité européenne de sécurité des aliments
(2) Organisme créé par l’industrie laitière mondiale (basé aux Etats-Unis) pour promouvoir les intérêts des entreprises multinationales, des coopératives et autres associations liées à la filière laitière pour « apporter une expertise mondiale sur les preuves scientifiques concernant le lait ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

nutrition
Suivi
Suivre
industrie
Suivi
Suivre