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Pollution L'avis qui jette un doute sur le plan anti-algues vertes

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A quelques jours de la venue, lundi 19 juillet dans les Côtes d'Armor, du ministre de l'Agriculture Bruno le Maire et de la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, le dernier avis du comité scientifique créé par l'Etat pour évaluer la mise en œuvre du plan de lutte contre les algues vertes en Bretagne jette un doute sur les résultats de ce plan de lutte.

Cet avis de dix pages inclut une expertise des mesures de reliquats d'azote dans les sols, et le contenu du cahier des charges des appels à projets devant aboutir à des territoires à basse fuite d'azote. Il devait être présenté le 6 juillet, devant le comité régional de suivi du plan de lutte. La réunion a été reportée. L'avis aurait vraisemblablement nourri de vifs débats. En effet, dans un long préambule, le comité scientifique estime insuffisant l'objectif d'abaisser de 30 % la pression azotée par rapport à la période 1999-2003, pour réduire les marées vertes. Pour agir significativement sur le phénomène, il faudrait que l'eau s'écoulant en mer contienne au maximum 5 à 10 mg de nitrate par litre pendant la période végétative des algues vertes, de mars à septembre, poursuit le comité. Aussi le plan doit-il prendre en compte “non seulement les engrais minéraux et les effluents d'élevage, mais aussi des importations d'aliments du bétail riches en protéines”. Dans le cahier des charges des appels à projets, le comité réclame un diagnostic de territoire extrêmement fin, avec “de véritables schémas fonctionnels identifiant les sources de nitrates à l'origine des flux mesurés”. Sur la question des mesures de reliquats d'azote que les exploitants des deux bassins versants prioritaires des Côtes d'Armor (baies de Lannion et de Saint-Brieuc) mettront en œuvre dès l'automne, le comité demande “une traçabilité et une précision accrue dans l'évaluation des flux d'azote”.
Ce document n'est qu'un avis. Cependant la préfecture de région Bretagne a fait savoir, fin juin, que les notions de traçabilité dans l'évaluation des flux d'azote seraient prises en compte. En revanche, la préfecture n'a nulle part évoqué une idée du comité scientifique selon laquelle la réussite du plan de lutte “requiert une révision en profondeur des systèmes de production”.

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