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Fertilisation L’azote coûte cher aux Européens

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Selon une étude européenne, les pollutions liées à l’azote coûteraient entre 70 et 320 milliards d’euros par an aux Européens. L’agriculture est à l’origine de 80 % des émissions d’azote en Europe. Les chercheurs préconisent notamment de réduire la consommation de protéines animales dont la production est à l’origine de la plupart des émissions.

L’impact sur la santé humaine et l’environnement des émissions d’azote, qui proviennent à 80 % de l’agriculture, représente un coût se situant entre 70 et 320 milliards d’euros à l’échelle européenne, selon une étude publiée le 11 avril lors d’une conférence internationale à Edimbourg (Ecosse). Ainsi, l’azote coûterait entre 150 et 740 euros par an à chaque citoyen européen. Cette première évaluation européenne pour l’azote (European Nitrogen Assessment) estime que le coût représente plus du double des bénéfices pour l’agriculture européenne. Dans cette étude, 200 chercheurs de 21 pays proposent un diagnostic et des pistes d’actions pour réduire les excès d’azote et leur impact sur l’eau, l’air, les sols, les écosystèmes et l’effet de serre. L’essentiel de l’air que nous respirons est constitué d’azote, mais sous une forme non réactive, qui présente donc peu d’intérêt. D’autres formes d’azote, telles que le nitrate, l’ammoniac, le protoxyde d’azote et d’autres oxydes d’azote sont plus réactives. Ces pollutions azotées de l’air dues à l’agriculture, à l’industrie et à la circulation contribuent aux émissions de particules, lesquelles réduisent l’espérance de vie de plusieurs mois sur une grande partie de l’Europe continentale, estiment les chercheurs.
Plus de 10 millions d’Européens seraient exposés à des niveaux d’azote (nitrates) dans l’eau dépassant les seuils réglementaires, avec un risque de cancer accru s’ils la boivent régulièrement. Enfin, les dépôts d’azote dans les forêts auraient entraîné une perte de biodiversité de plus de 10 % sur les deux tiers de l’Europe.

Réduire la consommation de protéines animales

Les nitrates provoquent le développement d’algues toxiques et la formation de zones biologiquement mortes en mer, plus particulièrement dans la mer du Nord, l’Adriatique et la Baltique, ainsi que le long des côtes bretonnes, rappellent les chercheurs.
Pour l’agriculture, ils préconisent un changement des pratiques. Réduire la consommation de protéines animales – qui dépasse de 70 % les recommandations nutritionnelles – aurait un impact significatif. L’essentiel de l’azote utilisé en agriculture est lié en effet au secteur de l’élevage et aux cultures destinées à l’alimentation des animaux. « Près de la moitié de la population mondiale dépend des engrais azotés synthétiques utilisés pour la production alimentaire, souligne Mark Sutton, du Centre d’écologie d’Edimbourg. Les solutions incluent une utilisation plus efficace des engrais minéraux et organiques (fumiers, lisiers, composts, etc.) et des choix alimentaires visant à une consommation modérée de viande ». Mais si l’agriculture est à l’origine de 80 % émissions d’azote en Europe, elle ne représente que 40 % du coût de ce type de pollution, les composés de l’azote produits par la combustion des carburants fossiles représentant une menace plus importante pour l’environnement.

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