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LDC confiant, à condition de passer des revalorisations tarifaires

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À l’occasion de la présentation de résultats semestriels jugés "satisfaisants", Denis Lambert, président de LDC, a annoncé de nouvelles hausses tarifaires indispensables dans les prochains mois pour tenir compte de la récente hausse du prix des matières premières et des charges, incluant ingrédients, emballages, transports ou encore électricité et gaz. Il a également annoncé des changements de gouvernance dans la perspective de son prochain départ de la direction opérationnelle, à bientôt 63 ans et 42 ans passés au sein de l’entreprise familiale.

Fort d’un bon premier semestre, avec un résultat opérationnel courant (ROC) de 103,1 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 2,39 milliards, LDC aborde la seconde moitié de l’exercice 2021/2022 avec confiance. Néanmoins, les dirigeants préviennent que des revalorisations tarifaires de l’ordre de 9 % seront indispensables ces prochains mois pour compenser la nouvelle hausse du prix des matières premières et des charges. Une revalorisation qui succéderait aux trois premières déjà intervenues au premier semestre de l’exercice en cours (+3 % en mars, +3 % en mai) et à celle obtenue au dernier trimestre de l’exercice précédent. Des hausses tarifaires dont « la consommation n’a pas souffert, la volaille demeurant malgré tout compétitive", a rappelé Denis Lambert, président du numéro un de la volaille en France lors d’une conférence de presse le 24 novembre, et qui « sont nécessaire si nous voulons préserver la filière et continuer à investir ». À ce stade, celui-ci de se déclare « confiant » sur ces demandes auprès de ses clients.

Un Roc multiplié par 2 dans le traiteur

De fait, l’issue des négociations avec les distributeurs, ainsi que la bonne réalisation des fêtes de fin d’année, une période importante pour LDC, sont déterminantes pour « atteindre un résultat opérationnel courant de l’ordre de 200 millions d’euros », prévu pour l’exercice en cours. Ce ROC prévisionnel est équivalent à celui dégagé en 2019/2020 (201,5 millions d’euros) alors que sur le dernier exercice, le groupe avait dégagé un ROC de 194 millions d’euros. Dans le détail sur les six premiers mois de l’exercice en cours, après une année 2020 marquée par la crise sanitaire, le résultat opérationnel courant du pôle Volaille (avec l’amont) progresse de 5,4 % par rapport au premier semestre de l’exercice précédent, à 78,6 millions d’euros. Une évolution qui « reflète la hausse des volumes vendus et intègre les effets des revalorisations obtenues sur la période qui ont permis de compenser les premières hausses de matières premières », explique le groupe. À l’international en revanche, le ROC baisse de 5,3 % à 5,3 millions, « l’effet revalorisation pour absorber la hausse des matières premières ayant été décalé dans le temps par rapport à la France », a expliqué Laurent Raimbault, le directeur administratif et financier. Et sur le pôle Traiteur, « grâce au mix-produit, au succès de la marque Marie et à la contribution d’Asia General Food (1) », poursuit-il, le résultat opérationnel courant a été multiplié par 2 à 19,2 millions d’euros. De fait, la marge opérationnelle courante de ce pôle passe ainsi à 5,5 %, contre 3,3 % pour la même période de 2020/2021. Denis Lambert s’est d’ailleurs félicité de la croissance réussie des activités développées par Asia General Food. De trente-trois stands au moment du rachat par LDC, la société devrait en compter cinquante en décembre 2021, grâce à une présence déployée dans de nouvelles enseignes (Monoprix, Carrefour et E. Leclerc) aux côtés des historiques (Cora, Match, Migros). De quoi permettre de tenir le cap des 24 millions d’euros de chiffre d’affaires prévus sur l’exercice en cours (contre 14,5 millions en 2020).

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Toujours de la croissance externe

Au bilan, LDC conserve « une structure financière très solide », a indiqué Laurent Raimbault, permettant de soutenir les ambitions de croissance externe du groupe. Ainsi au 31 août 2021, les capitaux propres s’élèvent à 1,58 milliard d’euros et la trésorerie nette à 116,7 millions (contre 82,6 au 30 août 2020). Et comme à son habitude, le groupe va poursuivre ses investissements industriels dans ses différents pôles d’activité pour un total budgété de 220 millions sur l’exercice en cours (dont 99 millions ont déjà été réalisés sur le semestre). La poursuite de la croissance externe est également toujours au cœur de la stratégie de développement de LDC. À l’international notamment, illustrée récemment par une prise de participation majoritaire dans le britannique Capestone (Agra Alimentation du 20 octobre 2021), où le patron du groupe souhaite « accélérer le développement du modèle LDC ».

Départ programmé de Denis Lambert

« Je vais avoir 63 ans et j’aborde mon 42e exercice chez LDC, il est temps pour moi de passer la main », a déclaré Denis Lambert. Directeur général de l’entreprise familiale depuis 1997, et président du directoire depuis 2001, l’intéressé a donc annoncé qu’il allait progressivement céder les rênes du groupe à Philippe Gelin, actuellement directeur du pôle international. Ce dernier prendra la tête opérationnelle de LDC en mars 2022, tout en conservant ses missions actuelles, et deviendra président du directoire en mai 2023. Une transmission assurée sans surprise par des fidèles du groupe, plutôt que par un membre d’une des familles présentes au capital dont aucun n’était prêt pour assurer le poste. « Une dizaine de personnes de la G3 familiale, comme nous l’appelons (la 3e génération, ndlr) travaillent dans le groupe et se forment aujourd’hui », a-t-il confirmé. Ce passage de témoin s’accompagne d’autres nominations (lire aussi page Leaders). Un passage de témoin en douceur, puisque Denis Lambert prévoit d’accompagner l’équipe de direction tout au long de l’exercice 2022-2023, avant de rejoindre le conseil de surveillance.

Un résultat opérationnel courant de l’ordre de 200 millions d’euros prévu pour l’exercice en cours