La reprise de la consommation de volailles au second trimestre de l’année a permis au groupe LDC d’afficher pour le semestre des résultats moins désastreux que ce que le premier quart de l’année laissait présager. L’activité volailles (73 % du chiffre d’affaires, hors produits élaborés) a reculé de 7 % au premier semestre 2006-2007, compensée néanmoins par la bonne performance du pôle traiteur, qui grâce à une croissance de 28 %, permet au groupe d’afficher un recul de 4,6 % « seulement ». Sur la seconde moitié de l’année, les perspectives sont plus réjouissantes et l’activité de Noël devrait permettre un retour à l’équilibre. Une tendance positive qui devrait se confirmer en 2007-2008, avec un accent très fort porté sur le développement des marques traiteur.
Quelque 25 millions d’euros : c’est la facture de la grippe aviaire payée par le groupe sarthois LDC, dont 10 millions pour le premier semestre 2006-2007. Un coût élevé qui n’a cependant pas empêché la société de volailles de se redresser sur la première moitié de l’exercice (mars à août) grâce à une consommation « revenue à un niveau normal» depuis la fin de la crise, a estimé Denis Lambert, président du directoire de LDC, détenu à majorité par les familles Lambert, Dodart et Guillet. L’inflexion positive est particulièrement sensible au second trimestre : alors que le chiffre d’affaires de l’activité « volaille France » était en recul de 11,7 % au premier trimestre, il ne perd que 2,5% au second par rapport à l’exercice précédent, soit un recul sur le semestre de 7,2 % en valeur. Dès le mois de juin, la consommation de volaille a en effet repris, une tendance positive qui se confirme en septembre avec une croissance de 1,4 %. En GMS (53 % du chiffre d’affaires en 2005), LDC est en ligne avec le marché. Si ses activités à marque et de volailles entières souffrent un peu plus car le groupe a eu moins recours aux opérations « un acheté, un gratuit », les produits élaborés et découpes ordinaires font preuve d’une bonne résistance.
Situation mitigée à l’international
A l’international, l’influenza a fortement pénalisé le chiffre d’affaires, en repli de 13 %. En Espagne et en Pologne, ses deux filiales, le groupe a enregistré une perte opérationnelle de 2,1 millions d’euros contre un résultat opérationnel de 1,1 million au même semestre 2005. Néanmoins, la stratégie s’affirme en Pologne et le mix-produit évolue favorablement vers les produits de découpe et élaborés qui ont progressé de 15 % en volume au premier semestre, et comptent maintenant pour plus de 50 % des volumes de la filiale. L’Espagne, au contraire, continue de souffrir. LDC s’est déjà séparé de 60 personnes à Madrid et si la situation ne revenait pas à l’équilibre en 2007, « nous serions obligés de céder la filiale », a menacé Denis Lambert.
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Activité traiteur, un relais de croissance
Quant à l’activité traiteur, elle réalise une excellente performance par rapport au marché. Les produits ethniques (22 % du chiffre d’affaires du pôle) progressent de près de 94 % quand le marché évolue de 10 %, grâce au décollage de la marque Tradition d’Asie, héritée du rachat de la société Agis en juin 2005 ; les plats cuisinés ont une croissance de 29 %, les tartes salées et pizzas de 17,5 % (1,2% pour le marché), les crêpes et galettes de 28 %. L’activité a par ailleurs bénéficié d’un projet industriel ambitieux. En octobre 2006, le nouvel outil de production de Régalette (crêpes et galettes) a ouvert avec une capacité de production doublée grâce à un investissement de 3,5 M EUR, le site de plats cuisinés de Lamballe (Agis) a été fermé et le transfert des productions sur les autres sites traiteur engagé. Le chiffre d’affaires global de LDC enregistre donc un recul de 4,6 % sur le semestre (-7,4 % à périmètre constant). Le résultat opérationnel a fortement chuté passant de 32,7 M EUR à 21,5 M EUR. Le bénéfice net a baissé de près de moitié par rapport au premier semestre 2005 passant à 13,9 millions d’euros.
LDC prêt pour Noël
Le second semestre s’annonce plus réjouissant. Denis Lambert estime que son groupe est prêt à réussir Noël, la période la plus importante de l’année, puisque « un tiers des Français consomme un produit LDC lors des fêtes de fin d’année », a souligné le président du directoire. Il attend, pour l’activité de volaille en France, un retour à des nivaux de marge normalisés malgré la tension sur le prix des céréales, préoccupante pour 2007, et une stabilité du résultat opérationnel courant sur l’ensemble de l’exercice, ainsi qu’une croissance du chiffre d’affaires et du résultat opérationnel courant de 12% pour le pôle traiteur. Si 50 % des volumes traiteur sont réalisés en MDD, l’objectif maintenant est de mettre en place une stratégie de développement à marque, pour parvenir d’ici deux ans à un chiffre d’affaires supérieur à 200 M EUR (159 M EUR en 2005-2006). Pour 2007-2008, LDC estime que les conditions sont réunies pour le rebond. 49 M EUR ont été dépensés en investissement industriel en 2006, de nouveaux produits tels que le poulet en barquette operculée prêt à rôtir ou l’escalope milanaise font leur entrée en rayon, un pas important vers la reprise puisqu’en 2006, les innovations lancées entre 2002 et 2006 ont pesé pour plus de 27% du CA. « La marque Tradition d’Asie qui détient aujourd’hui 6 % de part de marché et a progressé de 94% a un potentiel énorme, et nous sommes décidés à mettre les moyens pour conquérir de nouvelles parts de marché », a affirmé Denis Lambert. En plus du merchandising et de l’augmentation des budgets de communication, LDC mettra en place une vraie démarche nutritionnelle, afin de fidéliser le consommateur avec des produits équilibrés. La marque de plats préparés Ilya, proposant une cuisine équilibrée et méditerranéenne, est notamment l’objet de fortes attentes en terme de résultat. Verra-t-on de nouvelles opérations de croissance externe ? « Nous n’irons pas sur de nouveaux métiers avant d’avoir fait nos preuves, répond Denis Lambert. Il nous reste à montrer que nous pouvons implanter de nouvelles marques, ensuite pourquoi pas aller sur de nouveaux segments…».