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Présidence allemande/Consommateurs Le BEUC présente ses recommandations en matière d’alimentation

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Comme il le fait pour chaque prise de présidence de l’Union, le Bureau Européen des Unions de Consommateurs (Beuc) a présenté à la nouvelle présidence allemande un memorandum dans lequel il présente ses positions et exigences sur une vaste série de dossiers qui touchent les consommateurs et en particulier celui des questions alimentaires. Le document du lobby des consommateurs met surtout l’accent sur la protection des droits des intérêts des enfants face aux publicités diverses et sur l’information correcte des consommateurs sur les aliments qu’ils achètent.

Dans le contexte de la révision de la directive Télévision sans Frontières, le BEUC estime que des restrictions doivent être imposées à la publicité alimentaire adressée aux enfants en limitant les horaires de diffusion de la publicité d'aliments et de boissons riches en graisses, sucre ou sel avant 21 h, sur la base des profils nutritionnels. Les enfants sont facilement influençables, en particulier quand des personnages de fiction ou réels et des célébrités sont utilisées pour vanter les produits. L'utilisation de ce type de personnages dans la publicité devrait par conséquent être sévèrement limitée, en particulier parce que les enfants de moins de 10 ans ne peuvent faire la distinction entre les émissions télévisées et la publicité.

Associer politique d'étiquetage et éducation du consommateur

Selon le Beuc, les règles en vigueur sur l’étiquetage alimentaire doivent être améliorées et harmonisées dans tous les États membres. Les étiquettes ne doivent jamais être trompeuses et les informations devraient être présentées de façon à permettre aux consommateurs de comparer les différents produits. Les étiquettes doivent dès lors être « claires, lisibles et non ambiguës » et présentées de façon standardisée. Il faut établir des règles précises et normatives pour la taille des caractères et le contraste des couleurs. L'information nutritionnelle, de même que l'étiquetage nutritionnel simplifié à l'avant du paquet doivent être rendus obligatoires et standardisés pour les produits préemballés. En outre, il est important qu’une politique d’étiquetage efficace s'accompagne d'une éducation des consommateurs. Le Beuc recommande dès lors à la Commission de présenter sans tarder une proposition visant à revoir les règles relatives à l'étiquetage en tenant compte des intérêts des consommateurs plutôt que des pressions de l'industrie.

Pour un étiquetage nutritionnel obligatoire et simplifié

Selon le Beuc, les informations nutritionnelles devraient être obligatoires pour les aliments préemballés et être fournies dans un format « compréhensible, lisible et standardisé ». Il demande que soit rendu obligatoire l'étiquetage des «full 8 » à savoir l'énergie, les protéines, les hydrates de carbone, les sucres, les graisses, les acides gras saturés, le sodium (à remplacer par le mot « sel ») et les fibres, avec une possibilité d'exemption pour certains produits comme les eaux minérales, les fruits, les légumes et les épices. Les vitamines et les minéraux doivent être quantifiés dans le tableau nutritionnel uniquement si une allégation indique une présence particulièrement importante. Le Beuc demande également un système européen d’étiquetage simplifié obligatoire à l'avant du paquet pour aider les consommateurs à comprendre l’étiquetage nutritionnel et à identifier rapidement et facilement la qualité nutritionnelle des aliments qu’ils achètent. Ce système devrait s'ajouter à l'étiquetage nutritionnel obligatoire des « full 8 » à l’arrière du paquet de tous les aliments préemballés et ne devrait en aucun cas rendre plus ardue la lecture ou la compréhension de l’information nutritionnelle.

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Élargir le profilage nutritionnel

Le Beuc estime que le profilage nutritionnel est nécessaire pour mettre en oeuvre les dispositions du Règlement sur les allégations nutritionnelles et de santé qui vient d’être adopté. Il devrait notamment empêcher que ces allégations soient utilisées pour vanter des aliments comprenant des quantités importantes de sucre, sel ou graisses.

Le profilage nutritionnel pourrait être appliqué aux allégations nutritionnelles et de santé, à l'enrichissement des aliments et au marketing des aliments ciblant les enfants, servir à élaborer et soutenir une politique nutritionnelle et améliorer le contenu des distributeurs dans les écoles. S’il se réjouit de travailler avec l'AESA et d'autres parties prenantes pour veiller à ce que le profilage nutritionnel s'effectue en tenant compte des intérêts et des besoins des consommateurs, le Beuc insiste tout particulièrement sur « l’indépendance » et la « transparence » nécessaires des travaux du comité d'experts de l'AESA pour la nutrition.

Les additifs sont à réévaluer tous les 10 ans

Si des additifs sont utilisés dans les aliments, il est important aux yeux du Beuc de définir des critères clairs pour garantir qu'ils sont utilisés « pour un motif technologique raisonnable, un avantage pour les consommateurs et qu'ils n'induisent pas les consommateurs en erreur », par exemple, par un usage irresponsable des colorants. Tous les nouveaux additifs et arômes autorisés doivent être réévalués tous les dix ans ; l'innocuité et l'avantage pour les consommateurs de ceux qui sont actuellement sur le marché doivent être réévalués. S’il admet que la sécurité des additifs, des arômes et des enzymes soit de la responsabilité de l'AESA, le Beuc considère nécessaire de renforcer les ressources et les procédures de l'AESA pour garantir des évaluations « plus indépendantes, transparentes et de qualité ».