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UE/Consommateurs Le Beuc réclame la promotion par l’UE des aliments sains et bien étiquetés

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Dans ses recommandations à la nouvelle présidence tchèque de l’UE sur les questions de consommation alimentaire, le Beuc (Bureau européen des unions de consommateurs) met surtout l’accent sur la qualité de l’étiquetage des produits et sur la protection particulière des enfants en matière de publicité.

Même si de plus en plus de consommateurs prennent conscience du lien existant entre le contenu de leur assiette et leur santé, ils sont souvent désemparés lorsqu’ils se penchent sur les étiquettes des produits alimentaires, constate le Beuc. Soit les informations nutritionnelles sont incomplètes, soit les consommateurs doivent faire face à une multitude d’étiquetages succincts à l’avant des paquets rendant difficile toute comparaison de produits.

Aussi, l’association des consommateurs demande à la présidence tchèque d’œuvrer en faveur de l’obligation d’un étiquetage nutritionnel complet à l’arrière du paquet sur les « 8 grands » nutriments (protéine, énergie, graisse, acides gras saturés, hydrates de carbone, sucres, sel et fibre) ainsi que les acides gras trans. Il demande également d’imposer un étiquetage simplifié, facile à comprendre et à comparer, à l’avant du paquet sur les taux de nutriments critiques d’un point de vue de santé publique (graisses, graisses saturées, sucres et sel) contenus dans les produits. Le Beuc plaide aussi pour l’utilisation d’un code de couleurs différentes (vert, orange et rouge) qui permettrait de savoir d’un simple coup d’œil si la quantité de ces nutriments est « faible », « moyenne » ou « élevée » et pourrait être complété par les repères nutritionnels journaliers (RNJ). Le lobby des consommateurs réclame également l’amélioration de la lisibilité des étiquettes, notamment quant à la taille des caractères et le contraste entre les lettres et le fond du paquet. L’indication du pays d’origine des produits devrait également être imposée non seulement aux aliments à ingrédients « uniques » mais également aux ingrédients « significatifs » et « caractérisants » des aliments composés de plusieurs ingrédients.

Protection particulière des enfants contre les pub ciblées

Dans ses recommandations, le Beuc met aussi l’accent sur la nécessité d’offrir une protection particulière aux enfants contre les publicités pour des produits alimentaires et des boissons ciblant expressément les enfants et vantant des produits riches en graisses, sucre ou sel. Rappelant que les enfants sont facilement influencés par la fréquence et le contenu des messages publicitaires, le Beuc demande l’interdiction de la publicité à la télévision pour des aliments et des boissons riches en graisses, sucre ou sel avant 21h, en se basant sur les futurs profils nutritionnels qui doivent encore être définis par l’AESA (Autorité européenne de sécurité des aliments). Il réclame l’extension des restrictions concernant la publicité pour les produits alimentaires ciblant les enfants « à toutes les formes de techniques de marketing, présentes et futures et ceci qu’elles soient ou non diffusées ».

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Pas de poulets chlorés sur le territoire européen

Le Beuc rappelle que la politique européenne en matière d’hygiène des aliments d’origine animale a permis à l’industrie d’améliorer la sécurité et la qualité de ses produits et de restaurer la confiance des consommateurs, grâce entre autres, à l’application des principes HACCP (système d’analyse des dangers - points critiques pour leur maîtrise), l’UE dispose d’une « base fiable, scientifique et reconnue sur le plan international » pour garantir à ses consommateurs la sécurité des aliments qu’ils achètent. Cependant, sous la pression des Etats-Unis, il s’inquiète de la proposition de la Commission européenne d’autoriser l’utilisation de certaines substances chimiques pour le traitement antimicrobien des aliments d’origine animale (volailles notamment). Cette proposition, si elle était adoptée, entraînerait, selon le Beuc, « un relâchement inacceptable des mesures d’hygiène appliquées lors de la production, du transport et de l’abattage notamment pour les produits importés ».

Le Beuc demande en conséquence le maintien de l’obligation pour toutes les entreprises alimentaires, y compris celles de taille modeste, d’appliquer les procédures basées sur les principes HACCP. Il plaide aussi pour la défense du principe du respect de règles d’hygiène « de l’étable à la table » et le refus catégorique de son remplacement par un traitement « chimique » en fin de production. En clair, pas de poulet chloré sur les étalages européens.