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Le beurre bio C’est qui le patron ? ! fabriqué par Sodiaal en sursis

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Si génial, l’équitable ? Pour le beurre bio C’est qui le patron ? ! que produit Sodiaal, pas si sûr. « Sodiaal perd de l’argent » en fabriquant du beurre pour le compte de la marque du consommateur, concède Damien Lacombe, président de la coopérative interrogé par Agra Presse.

L’impératif de transparence de la marque du consommateur oblige l’affichage du prix directement sur l’emballage – 2,20 € la plaquette de 250 grammes. Or, les conditions actuelles de marchés ne permettent plus de tenir ce prix devenu trop bas pour couvrir les coûts de l’industriel. Il faudrait l’augmenter de 30 % à 2,94 € pour permettre à Sodiaal « d’être en phase avec le prix du lait bio et que la coopérative ne perde pas d’argent sur l’acte de transformation ».

Les hypothèses prises par Sodiaal lors du travail de construction du cahier des charges « ne sont pas celles d’aujourd’hui », admet Damien Lacombe. Tout d’abord, le prix du lait bio payé aux éleveurs avait été évalué à 450 euros les 1 000 litres. Aujourd’hui, la coopérative assure payer 466 euros les 1 000 litres. Ensuite, Sodiaal « espérait pouvoir valoriser la protéine bio au-dessus de la protéine traditionnelle. Ce qui n’est pas le cas », reconnaît le président. Le président de la coopérative tente malgré tout de justifier les choix qui ont pu être opérés : « Le travail a été fait, en 2016, avant la hausse des cours des matières grasses ».

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Sodiaal a donc besoin d’augmenter le prix de son beurre pour s’y retrouver. « C’est qui le patron ? ! a remis un questionnaire en ligne pour demander si on pouvait revoir le niveau de valorisation du beurre bio que l’on produit pour eux », indique Damien Lacombe. Revoir le cahier des charges d’un produit de la marque du consommateur nécessite une concertation où les consommateurs ont le dernier mot. « On a joué cartes sur table en expliquant les tenants et les aboutissants. Je pense que les gens peuvent comprendre qu’il y a des équilibres de marchés qui évoluent, se persuade le président de Sodiaal. Et c’est intéressant de voir si la démarche est vertueuse jusqu’au bout. » Dans le cas contraire, « Sodiaal ne va pas pouvoir continuer à produire à un niveau de valorisation qui pénalise ses producteurs. »