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Le bien-être animal, une préoccupation grandissante pour les acteurs des filières d’élevage

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Le bien-être animal est une préoccupation grandissante pour tous les acteurs des filières d’élevage comme le montrent bon nombre de récentes publications. Consommateurs, politiques, chercheurs, professionnels, tous ont un avis sur la question.

Le bien-être animal est « un sujet qui monte » dans la société. Bruno Dufayet, président de la Commission enjeux sociétaux d’Interbev, le confirme. D’ailleurs cette commission a été créée il y a quelques mois et comprend trois volets dont celui du bien-être animal. Le scandale de l’abattoir d’Alès à l’automne, le développement des mouvements anti-viande, les réflexions à venir de nouvelles réglementations européennes, tout concourt à ce que le sujet arrive de plus en plus régulièrement sur le devant de la scène. D’ailleurs, l’Institut national de recherche en agronomie (Inra) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) ont publié un avis sur le bien-être des animaux d’élevage en septembre 2015 (1). Quatre mois plus tard, le 18 février, Christian Huyghe, directeur scientifique adjoint à l’agriculture de l’Inra, présentait avec Bernard Denis, vétérinaire et membre de l’Académie d’agriculture, un livre intitulé Ethique des relations homme/animal, issu de réflexions d’un groupe de travail (2). Le livre est très consensuel, mais comme le précise Christian Huyghe, « la recherche est censée produire de la connaissance. […] Dans la relation entre l’homme et l’animal, le monde n’est pas noir ou blanc, il est gris. Le militantisme simplifie les choses ».

L’animal, à la source de l’humanité

De son côté, Bernard Denis rappelle une notion fondamentale : « L’homme a une grande dépendance vis-à-vis des animaux. À l’inverse, les animaux n’ont pas besoin de l’homme ». Le livre Le Yin & le Yang de Philippe Busser, Catherine Thoyer et Jocelyne Porcher, sortie en janvier 2016 (3), aborde, entre texte et photo, le lien entre l’homme et l’animal, à l’origine d’une humanité certaine. « Si vous venez chez moi, il y a la présence de l’animal. C’est mon pont avec la dimension que l’homme a perdu. […] Je ne pourrais pas vivre sans animaux. L’animal a gardé cette dimension qui me fait rêver, voyager, primordiale, il a un instinct qui travaille à 100 %. L’homme a développé d’autres qualités, le cerveau, en sachant qu’il perd un bon morceau de la tarte. L’animal fait le pont homme-nature. Il est un intermédiaire », écrit Francesco, vétérinaire rurale dans l’ouvrage. Prochaine étape, la publication d’un état des lieux sur le bien-être animal en France et dans l’élevage par la Direction générale de l’alimentation (DGAL). Elle doit émettre aussi des propositions pour une future réflexion à Bruxelles sur le sujet. Bruno Dufayet parle d’une sortie pour le prochain Salon de l’agriculture. Guy Vasseur, président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA), confirme une publication au premier semestre 2016, mais craint « un décalage ».

(1): http://www.cirad.fr/qui-sommes-nous/organigramme/instances-et-comites/comite-consultatif-commun-d-ethique

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(2): "Ethique des relations homme/animal - Pour une juste mesure", collectif sous la coordination de Bernard Denis, Editions France Agricole

(3): "Le Yin & le Yang", Philippe Busser, Catherine Thoyer, Jocelyne Porcher, Editions du Miroir

Le consommateur se penche aussi sur la question

« Désormais, on remarque une attente de plus en plus marquée pour le bien-être animal, c’est clairement une nouvelle tendance émergente dans la société », relève Nathalie Damery, présidente du cabinet d’étude Obsoco, interrogée par Agra-Alimentation en février 2016. L’exemple des œufs vient étayer cette affirmation. Le 11 février, la société Michel et Augustin annonçait quelle allait renoncer aux œufs issus de poules élevés en cage. L'entreprise a cédé à la pression organisée sur sa marque – notamment sur internet et les réseaux sociaux – par l’association de défense du bien-être animal L214. Sixtine d’Avout, porte-parole de la marque, estime le surcoût d’environ 40 % sur cet ingrédient. L’entreprise absorbera cette nouvelle charge, sans la répercuter sur le prix du produit.