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Produits biologiques Le bio a le vent en poupe, mais la production reste insuffisante

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La consommation des produits biologiques progresse, mais face à cette demande croissante, la production demeure insuffisante, et le nombre de transformateurs diminue. Déjà, la moitié des produits consommés dans l’Hexagone sont importés.

En un an, la consommation de produits biologiques a fait un bond de 7 points : 44 % des Français en ont consommé régulièrement cette année contre 37 % en 2003», indique Elisabeth Mercier, directrice d’Agence Bio, un groupement d’intérêt public qui a pour mission d’œuvrer pour le développement de l’agriculture biologique française. Selon les résultats d’une enquête CSA, le nombre d’amateurs de ces produits a significativement augmenté puisque 42 % des personnes interrogées déclarent en avoir acheté au cours des quatre dernières semaines contre 33 % en 2003 à la même période.

Les fruits et légumes, les œufs et le pain sont les produits bio les plus prisés, « avec un taux de fidélité remarquable » qui s’accentue, souligne Mme Mercier. Les produits laitiers et les volailles sont les denrées qui rencontrent le plus les faveurs des nouveaux adeptes de produits bio, synonymes de santé et de protection de l’environnement.

A la recherche d’un contact direct

Ombre au tableau, l’achat des produits bio est freiné pour l’essentiel par leur coût jugé encore trop élevé. Pour autant, les amateurs de bio tendent à délaisser les grandes et moyennes surfaces (65 % des achats de produits bio en 2004 contre 72 % l’an passé), au profit des marchés et magasins spécialisés.

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« C’est un message très fort », commente Elisabeth Mercier qui y voit le souci des consommateurs d’être « en contact direct avec le lieu de production ». D’où la nécessité d’accroître le nombre de magasins spécialisés qui offrent nettement plus de références (8 000 en moyenne) que la grande distribution (entre 150 et 200 produits), renchérit Didier Perreol, vice-président de Synabio (Syndicat national des transformateurs de produits naturels et de culture biologique).

Manque de volonté politique

Alors que le marché bio représente en valeur 4 % du marché alimentaire, il se voit consacrer 1,8 % seulement de la surface agricole utile. Il est « urgent d’accélérer la production en France», plaide M. Perreol. Ce que confirme la Fnab (Fédération nationale d’agriculture biologique des régions de France) qui redoute que la hausse de la consommation de produits bio « ne profite avant tout à la production d’autres pays européens ou du reste du monde ». Les surfaces cultivées en France n’ont en effet progressé que de 6 % en 2003 tandis que le nombre d’entreprises de transformation a régressé de 7 %. Résultat : la moitié des produits bio consommés en France sont importés.

La Fnab met en cause « un manque de volonté politique » et les difficultés rencontrées pour « structurer les filières ». Elle estime aussi que le plan de relance annoncé par le gouvernement en février dernier pour relancer la filière bio n’a, « faute d’ambition, servi à rien ». Elle entend « convaincre le nouveau ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau, de l’urgence qu’il y a à développer la production biologique en France ».