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Agence bio Le bio se développe dans le monde entier

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La production en agriculture biologique augmente dans le monde entier, selon les chiffres donnés lors du Séminaire international de l’agriculture biologique qui s’est tenu le 23 février sur le Salon international de l’agriculture. De nombreux pays se tournent vers ce mode de production, sur l’ensemble des continents.

Fin 2009, 1,8 million de fermes (+31% par rapport à 2008) cultivaient 37,5 millions d’hectares (+6%) certifiés bio dans le monde (en conversion ou convertis). Le chiffre d’affaires mondial des produits bio a atteint 54,9 milliards de dollars soit 40 milliards d’euros en 2009. En dix ans, les surfaces dans le monde ont été multipliées par trois et demi, le nombre de producteurs par neuf et le chiffre d’affaires du marché par dix. Les chiffres disponibles sur 2010 confirment cette tendance. « On assiste à un mouvement profond qui va se poursuivre », a pronostiqué Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence bio.
Dans l’UE à 27, fin 2009, les surfaces bio cultivées (par 209 000 fermes) étaient de 8,6 millions d’hectares soit 4,7% de la surface agricole. La plupart des pays enregistrent une hausse de la production et de la demande. L’Italie est tirée par le développement de la bio en restauration collective (un million de repas servis chaque jour). Au Royaume-Uni, les distributeurs qui avaient hésité à référencer les produits bio en temps de crise, reprennent leurs achats. En Autriche, 18% de la surface agricole est en bio (30% en montagne). En Allemagne (30% de la consommation européenne), les artisans commerçants jouent un rôle important. Ainsi, une importante boulangerie de Munich qui a créé une filière avec plus de 400 producteurs et des meuniers, vends énormément de pains bio. « A Munich, 25% du pain consommé est bio aujourd’hui », a affirmé Elisabeth Mercier.
Autre produit en fort développement en Europe : le lait bio. L’Allemagne en a produit 500 millions de litres en 2009, le Danemark, le Royaume-Uni et l’Autriche, 450 millions de litres chacun et la France 270 millions de litres. Toutefois, la production britannique pourrait baisser en raison de nombreux départs en retraite de producteurs en 2012.

De nombreuses conversions en Inde
En Amérique Latine, 283 000 fermes produisaient sur 8,5 millions d’ha. En Océanie, 12 millions d’ha (majoritairement en Australie) étaient exploités par seulement 8466 fermes. En Asie, les conversions ont été massives en Inde ces dernières années, le nombre de fermes bio (production de coton surtout) a augmenté de 82% pour atteindre 677 000 sur un total de 766 000 en Asie (42% des fermes bio du monde). La surface bio asiatique était de 3,9 millions d’ha. L’Afrique a augmenté également sa production à un million d’ha pour 511 milliers de fermes.
L’Amérique du Nord fait figure de parent pauvre en matière de production avec seulement 17 000 fermes bio et 2,6 millions d’ha certifiés. Cependant, les conversions s’accélèrent : le nombre de producteurs bio a été multiplié par deux en 10 ans. En revanche, c’est une zone de consommation importante avec des achats évalués à 26,3 milliards de dollars en 2009.
Sur le pourtour de la Méditerranée, les productions biologiques se développent également, avec souvent une vocation à l’exportation, selon le Centre international des hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM). Pour l’instant, les pays du nord de la Méditerranée produisent le plus. Mais les autres pays y viennent aussi. Parmi eux, la Tunisie, la Turquie et l’Egypte sont ceux qui ont le plus d’avance. La Tunisie, qui bénéficie depuis peu d’un accord d’équivalence avec l’UE, possède 335 900 ha en bio (oliviers, dates, fourrage surtout) et 1900 opérateurs certifiés. Elle a exporté 141 000 tonnes de produits bio en 2009 (contre 1000 tonnes en 2001) pour un chiffre d’affaires de 34 millions d’euros. La Turquie a déjà 501 000 ha en bio pour 36 000 opérateurs, offre une vaste gamme de produits à prix bas : fruits et légumes, fruits secs, plantes médicinales et à parfum, produits transformés. Les pays des Balkans mettent leurs exigences en matière de production biologique au niveau de l’Union européenne. L’Egypte a converti 56 000 ha se spécialisant dans les légumes primeurs, les fruits et le coton. Ces pays sont encore confrontés à une faible valorisation de leurs produits, vendus souvent en vrac. Les bénéfices de la conversion sont limités pour les producteurs. Les pays sont encore peu organisés, y compris sur le plan administratif. Mais les gouvernements semblent décidés à les aider pour répondre à la demande.

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