L’agriculture biologique bénéficie d’une excellente image, pourtant elle garde une faible place dans le monde agricole et sa croissance reste lente.
Pour 87 % des français le « bio » contribue à préserver l’environnement et 86 % émettent des commentaires positifs à son évocation. Il n’arrive cependant pas à prendre une place importante dans le monde agricole, avec 533 600 ha cultivés et 11 042 exploitations, il représente à peine 2,2 % du territoire agricole national. Les exploitations bio sont souvent de petites structures comme celle de la famille Vallée à St Jean le Blanc (Calvados). « Notre exploitation a une taille de 118 ha, nous y élevons volailles, lapins, bovins et ovins que nous transformons au sein de notre propre atelier, nous vendons ensuite notre production en direct sur les marchés ou à la ferme » expliquait le 11 mai Jean-Marie Vallée au cours d’une présentation à la presse. Leur cas n’est pas unique puisque 13 % des exploitants bio réalisent la totalité de leur chiffre d’affaires grâce à la vente directe et aux marchés et que 30 % y réalisent tout ou partie de leur CA. Seuls 45 % de la production bio sont vendus en GMS.
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Sortir d’une logique commerciale
Certains exploitants comme Jean-René Pitrou qui cultive pommes et céréales sur 26 ha et fabrique cidre, pommeau et calvados, à Fierville Bray refusent de passer par les grandes surfaces. « Nous avons choisis de sortir d’une logique purement commerciale, ce n’est pas pour vendre nos produits en grandes surfaces » s’explique-t-il. 35 % de la production bio est vendue par le biais de magasins spécialisés. « Nous sommes très optimistes pour l’avenir, puisque 99 % des acheteurs de produits bio ont l’intention d’en stabiliser ou d’en augmenter leur consommation » explique Elisabeth Mercier directrice de l’Agence Bio qui est chargée de faciliter l’émergence du bio, ainsi que la recherche (cette association va recevoir la gestion du logo AB qui assure l’origine biologique des produits). Le nerf de la guerre reste bien sur les prix, puisque 90 % des acheteurs de produits bio citent « des prix moins élevés » comme facteur pouvant jouer en faveur d’une augmentation de la consommation.