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Entreprise Le biodiesel pèse sur le résultat de Sofiprotéol en 2012

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En baisse de 4% par rapport à 2011, le résultat 2012 de Sofiprotéol s’établit à 240 millions d’euros, contre 249 millions d’euros un an plus tôt. Un résultat amoindri, notamment, par des marges réduites sur l’activité biodiesel de Diester Industrie. Par ailleurs, le groupe poursuit sa stratégie tournée vers l’investissement dans la filière oléoprotéagineuse avec 117 millions d’euros investis en 2012.

Si le chiffre d’affaires 2012 de Sofiprotéol est en hausse de 12% à 7,3 milliards d’euros, notamment grâce à l’acquisition de la société marocaine Lesieur Cristal, le résultat du groupe est en baisse, « érodé par les résultats du biodiesel », explique Jean-Philippe Puig, directeur général de Sofiprotéol. Il s’exprimait lors d’une conférence de presse de présentation de résultat du groupe le 19 février à Paris. Le résultat 2012 s’établit ainsi à 240 millions d’euros, contre 249 millions d’euros en 2011.

Le pôle animal se porte mieux

Le résultat de Sofiprotéol en 2012 se répartirait entre le pôle animal pour 70 millions d’euros et le pôle végétal pour 170 millions d’euros. Une réduction pour le pôle végétal qui générait 200 millions d’euros de résultat en 2011. En revanche le pôle animal voit son résultat progresser puisqu’il s’établissait à 49 millions d’euros en 2011. Selon Jean-Philippe Puig, les bons résultats du pôle animal s’expliquent par une faible présence des produits de Sofiprotéol en grande distribution. L’entreprise est davantage tournée vers les débouchés en alimentation hors foyer et vers l’innovation pour répondre aux demandes de ses clients, souligne le directeur général de Sofiprotéol. De plus, selon lui, des outils industriels modernes bénéficiant d’investissements lourds et réguliers ont permis d’améliorer la compétitivité du pôle animal du groupe.

Les marges en biodiesel se réduisent

En 2009, le résultat de l’activité biodiesel de Sofiprotéol dépassait les 100 millions d’euros, mais, en 2012, il s’est établi en dessous des 20 millions d’euros. Il dépassait les 60 millions d’euros en 2011. Ceci s’explique par des marges faibles en raison de la hausse des cours des grandes cultures et des oléagineux, mais aussi en raison de la concurrence des esters de soja et de palme importés. « Les principaux concurrents sont l’Indonésie et la Malaisie qui ont accès à l’huile de palme », fait remarquer Jean-Philippe Puig. Les volumes de production restent toutefois soutenus avec 1,6 million de tonnes de biodiesel produites en France et 400 000 tonnes en dehors. En revanche, le pôle végétal de Sofiprotéol réussit sur les produits à forte valeur ajoutée. Ainsi, les débouchés des huiles alimentaires Lesieur sous les marques d’origine France progressent en volumes de 3% en 2012. Mais la stratégie d’un positionnement sur les produits à haute valeur ajoutée est encore plus visible dans l’oléochimie. Ainsi, si les résultats de Novance et d’Oléon sont marqués par la concurrence des produits à base d’huile de palme, « les produits de spécialités », ou molécules développées par les filiales de Sofiprotéol issues de l’oléochimie, résisteraient bien. Une stratégie qui se poursuit jusqu’en Malaisie où Sofiprotéol a investi 11 millions d’euros pour doubler la capacité de production de son usine de Port Klang. Dans cette zone, Sofiprotéol compte développer l’oléochimie à haute valeur ajoutée en profitant des prix de l’huile de palme, mais ne va pas se frotter au marché des commodités, biocarburants et huiles brutes, déjà bien développé en Asie du Sud-Est.

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