Quel est le point commun entre une voiture, l'eau potable et un miroir ? Le biogaz ! Cette jeune filière agit comme un aimant sur les technologies existantes dans l'automobile, la filtration de l'eau ou encore l'optique. Les Rencontres nationales du biogaz, les 19 et 20 novembre à Toulouse, ont mis à jour l'ampleur du phénomène.
QR code, capteurs, membranes de filtration... ces technologies sont plus que jamais présentes dans les discussions au sein de la filière méthanisation française. Les 2e Rencontres nationales sur le biogaz qui se tenaient à Toulouse le 19 et 20 novembre, ont mis en lumière le transfert des technologies en cours. Deux objectifs : améliorer les méthaniseurs existants, mais aussi en créer une nouvelle génération. Ce constat est particulièrement vrai pour les unités à la ferme. L'entreprise Seria travaille depuis 20 ans dans l'automatisme et l'électronique. Depuis quelques années, elle s'intéresse aux unités de méthanisation. Et notamment à la mise en place d'un logiciel qui permet à l'agriculteur d'avoir accès rapidement au suivi de son installation (température, pH, etc). « On imagine que l'exploitant en passant devant le méthaniseur scanne un QR Code avec son smartphone pour avoir accès aux données de suivi », explique Sylvain Robineau, ingénieur chez Seria, enthousiaste. L'idée sous-jacente ? Minimiser la dépendance du paysan au méthaniseur en réduisant le temps passé à le gérer. Ce n'est pas son métier premier, rappellent la filière biogaz et les agriculteurs présents aux rencontres.
La technologie au service de la technique
Technologie de confort, oui. Mais il s'agit tout de même d'optimiser le fonctionnement du méthaniseur. Une fois n'est pas coutume, l'âge d'or des « capteurs » se confirme. Equipementiers et constructeurs ne peuvent plus se passer de ces puces de quelques centimètres carrés et de la myriade de câbles électriques qui vont avec. « Les capteurs sont essentiels pour détecter les odeurs et suivre les flux thermiques », assure Guy Canova, secrétaire du Sensing Valley (regroupement de douze PME spécialistes des capteurs intelligents). Les méthaniseurs en sont déjà pourvus. Cette technologie vient de l'industrie des automobiles. L'idée est de les adapter pour optimiser la digestion des déchets de la ferme. Souvent, le transfert des technologies pour la conception des méthaniseurs nécessite des adaptations. « La technologie des membranes de filtration du biogaz est quasiment arrivée à maturité », soutient un représentant de l'entreprise Polymen, à l'origine spécialiste de la filtration de l'eau.
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« L'agriculteur attend avant tout de la rentabilité »
Si la technologie permet de relever un certain nombre de défis techniques, ce n'est pas suffisant. Rentabiliser les unités existantes reste prioritaire. Bernard Genot, gérant de Optomesures, raconte : « Les mesures optiques à infra-rouge font fantasmer le monde de l'agroalimentaire. Mais c'est très cher. Ce n'est pas utilisable dans les unités de méthanisation artisanales ». Même constat pour Eric Delacour, p.-d.g de Fertigaz, qui rappelle que « les moteurs biogaz sont toujours très chers par rapport à des moteurs gaz conventionnels ». Il faudrait travailler à réduire cet écart, soutiennent les équipementiers qui semblent avoir compris les utilisateurs finaux. « Gérer un méthaniseur, des sous-produits et “accessoirement” s'occuper des vaches ? (… ) Je peux vous dire qu'un agriculteur réfléchit à deux fois avant d'investir un million d'euros », ironise Patrick Garieny, agriculteur gersois, « il attend surtout du projet qu'il soit techniquement fiable et rentable ».