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Le biosourcé a bon espoir de bénéficier du Pacte productif

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L’association des industriels du biosourcé a été reçue récemment à Matignon, pour demander que le secteur bénéficie des fonds du Pacte productif. « Les signaux sont au vert », assure-t-on à Bercy.

La chimie du végétal espère faire partie des 54 secteurs prioritaires du pacte productif. À la « journée des adhérents » de l’Association pour le développement de chimie du végétal (ACDV) qui s’est tenue le 30 janvier, Julien Tognola, chef du service « industrie » de la direction générale des entreprises (DGE) de Bercy, a indiqué qu’il pense que « ce secteur présente un potentiel important pour répondre » aux critères. Le 12 septembre, accompagnée par vingt industriels du secteur, l'association s’est rendue à Matignon à une réunion où étaient représentés le ministère de l’Agriculture, celui de la Transition écologique et Bercy. L’objet était, pour l’ACDV et les industriels, de présenter leurs projets, de définir les marchés porteurs, en échange de quoi l’État est prêt à examiner les verrous à débloquer, a indiqué Marianne Flamary, directrice de l’ACDV. FranceAgriMer devrait rendre dans quelques mois une étude sur le retour de la valeur des produits vers l’exploitant agricole, a-t-elle ajouté.

Julien Tognola a insisté sur deux critères demandés par Bercy pour correspondre aux objectifs du pacte productif : la capacité d’un secteur à contribuer au renouvellement du tissu industriel et une compétitivité suffisante pour produire en France. « Nous aimerions que vous investissiez dans les territoires français. Ce qui nous fait le plus plaisir, c’est que vous créiez beaucoup d’activités en France ! », s’est-il exclamé à l'endroit des industriels. S’agissant de la compétitivité-coût, une fiscalité incitative est nécessaire. « Il faudra définir une trajectoire de baisse de la fiscalité de la production et éviter que nos bioproduits soient évincés du marché par des produits fabriqués dans des pays à des conditions sociales et environnementales critiquables, a dessiné Julien Tognola. Pour cela il faudra appliquer le principe de réciprocité.  »

Expérimentation sur les détergents

Si le secteur est retenu parmi la quinzaine de secteurs qui seront jugés « prioritaires », il pourra bénéficier de « stratégies d’accélération ». Il s’agit de subventions à l’investissement pouvant être accordées dans le cadre du PPP 2021-2027 (Partenariat public-privé), d’une préférence aux produits biosourcés dans la commande publique, comme le pratiquent les administrations américaines depuis plus de dix ans, et de mesures fiscales incitatives. Les professionnels sauront fin février si leur secteur sera ainsi reconnu, a conclu Julien Tognola. « Aujourd’hui les signaux sont au vert », a-t-il assuré. À propos de la préférence aux produits biosourcés dans la commande publique, le représentant de Bercy a mentionné une expérimentation qui pourrait être lancée avec des biodétergents.

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François Monnet, président de l’ACDV, s’est montré confiant sur l’heureuse issue d’une telle candidature. Le secteur « coche toutes les cases », a-t-il déclaré : il génère de la valeur ajoutée et des emplois au cœur des territoires, il réalise la transition écologique en recourant au carbone non fossile, et ses productions dans les bioraffineries sont complémentaires avec celles du secteur alimentaire.

Le secteur "coche toutes les cases" pour être retenu par Bercy, veulent croire ses représentants

L’ACDV accueille un nouvel adhérent, fabricant de plastique 100 % compostable

L’ACDV, qui compte 54 adhérents, accueille en ce début d’année Carbiolice, une jeune société française qui a mis au point un procédé « révolutionnaire » permettant de rendre un plastique d’origine végétale 100 % compostable », a-t-elle indiqué dans un communiqué publié le 5 février. Carbiolice, société basée dans le du Puy-de Dôme, créée en 2016 par Bpifrance, Carbios, et Limagrain Ingrédients, « a mis au point une solution enzymatique qui permet au plastique d’origine végétale de devenir 100 % compostable ». Le type de plastique biosourcé fabriqué par Carbiolice est le PLA (Acide polylactique), qui est issu de la fermentation du dextrose, un sucre produit par hydrolyse de l’amidon. Celui-ci peut provenir du maïs ou du blé, voire de la pomme de terre. Notre adhésion à l’ACDV est une évidence puisque nous avons à cœur de co-construire une filière du plastique biosourcé compostable avec les acteurs de la chimie du végétal pour répondre aux enjeux environnementaux et règlementaire », explique Nadia Auclair, présidente de Carbiolice.