Contrairement à l’an passé, la France et l’Europe n’ont pas besoin de restitution pour exporter leur blé vers les pays tiers. L’Union européenne profite d’un contexte favorable avec des disponibilités en net recul chez ses principaux concurrents.
Depuis le début de la campagne 2006/2007, les certificats d’exportation de blé délivrés dans l’UE représentent 3,1 Mt (contre 2,1 Mt l’an passé). Il s’agit essentiellement de certificats de droit commun sans restitution (plus de 1,6 Mt) tirés au jour le jour par les opérateurs européens. « Sur les pays tiers, la France profite de la baisse de disponibilité chez nos concurrents et vend son blé sans restitution. Le Maghreb, notamment la Tunisie, et l’Irak sont aux achats. Quant à l’orge et au maïs, ils trouvent facilement preneurs dans l’alimentation animale en intra-communautaire », explique Bruno Hot, d. g. de l’office des grandes cultures (OniGC), à l’issue de la réunion mensuelle du conseil spécialisé « céréales ».
L’OniGC a révisé à la baisse sa production de blé en France en 2006/2007 à 33,6 millions de tonnes (Mt), soit 1,2 Mt de moins que l’an passé, ainsi que les stocks de report qui devraient se limiter à 2 Mt. Les utilisations totales intérieures sont prévues à près de 15 Mt. Les ventes sur l’UE sont estimées à 8,7 Mt et les exportations pays tiers à 6 Mt.
L’Europe ne devrait pas crouler sous le blé ukrainien
Un élément rassurant pour la filière céréalière européenne : l’Ukraine vient de fixer un quota d’exportation de blé tendre à 400 000 tonnes d’ici la fin 2006, pour assurer son approvisionnement intérieur. Le président de l’Association du blé ukrainienne, Vladimir Klimenko, se plaint que ces licences tardent à être attribuées. « Le ministère de l’Economie n’a octroyé aucune licence, les bateaux ne peuvent pas être chargés et les silos à grains sont pleins », a-t-il souligné. Cette décision a été prise après des prévisions d’une baisse de production de céréales en Ukraine. L’OniGC se félicite que l’Ukraine mette en place un tel système pour réguler ses exportations, afin d’éviter que l’UE se retrouve submergée de céréales ukrainiennes, comme en 2003/2004. L’Ukraine devrait produire 36 millions de tonnes de céréales cette année contre 38 millions de tonnes en 2005, et devrait exporter cette année 10 Mt de céréales contre 13 Mt l’année dernière.
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En ce qui concerne l’orge, les exportations européennes ont en revanche du mal à décoller, face à la concurrence des origines mer Noire sur le marché mondial. En dépit des adjudications organisées par la Commission européenne au départ des stocks d’intervention des nouveaux Etats membres (République tchèque, Pologne, Lituanie, Hongrie, Slovaquie, Estonie) et de la Finlande, les tirages effectifs de certificats d’exportation d’orge d’intervention ne dépassaient pas 0,3 Mt début octobre.
Maïs : toujours des inquiétudes à l’Est
La prévision de récolte de maïs est revue à la baisse à 12,2 Mt, contre 13,5 Mt en 2005. Les rendements sont plus faibles que prévus. Le stock de report devrait lui aussi se situer autour de 2 Mt. Si le bilan est équilibré en France, il n’en est pas de même au niveau européen. Les stocks de maïs hongrois s’élèvent encore à 5 millions de tonnes à la veille de la nouvelle récolte qui est estimée à 8 Mt. Pour ne rien arranger, la Bulgarie et la Roumanie qui vont entrer dans l’Union européenne au 1er janvier 2007, produisent à eux deux 10 Mt de maïs, ce qui va alourdir le bilan européen. Au niveau mondial en revanche, la production mondiale va augmenter de 5 millions de tonnes, mais la consommation devrait progresser de 25 millions de tonnes en raison de la demande en bioéthanol au Etats-Unis.