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FranceAgriMer Le blé français s’ouvre une fenêtre de tir à l’export

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Le Conseil spécialisé Céréales de FranceAgriMer a, le 11 décembre, augmenté ses prévisions de vente sur les pays tiers à 11,8 Mt de blé tendre. Une fenêtre de tir s’ouvre à l’offre française, qui profite d’une concurrence moins présente. Les deux prochains mois seront déterminants pour réaliser l’objectif d’exportation.

«Il y a une fenêtre de tir pour le blé français à l’export », a déclaré après le conseil spécialisé Céréales de FranceAgriMer le 11 décembre son président Rémi Haquin. L’établissement national révise à la hausse ses prévisions de ventes sur le marché mondial, portées à 11,8 Mt de blé tendre (contre 11,2 Mt prévu le mois dernier). « Janvier et février seront deux mois cruciaux pour réaliser l’objectif d’export pays tiers, a souligné la chef de l’unité Grandes cultures Olivia Le Lamer. La concurrence est empêtrée dans des problèmes logistiques, à la fois au Canada et aux États-Unis. Le blé français doit se placer, ce sera plus compliqué au printemps. » Déjà, les embarquements depuis les ports français vers les pays tiers montrent une bonne dynamique, avec une accélération entre les 3,9 Mt de blé tendre au 1er décembre et les 4,2 Mt au 6 décembre.
La cible égyptienne
L’optimisme pour l’hiver repose surtout sur la demande de l’Egypte. Elle se tourne prioritairement vers les pays de la mer Noire, Roumanie en tête, mais les Français ont réalisé une première vente de 180 000 t de blé mi-novembre, suivie d’un second chargement de 60 000 t fin novembre. « L’Egypte c’est parti, et nous n’en sommes qu’au début », a estimé l’experte en expliquant que de nombreuses propositions françaises ont répondu aux derniers appels d’offre du Gasc, l’organisme officiel égyptien responsable des achats de céréales. « Il faut, en deux mois, consolider le débouché égyptien et poursuivre la dynamique sur les autres marchés », a insisté Olivia Le Lamer, reconnaissant une prudence de FranceAgriMer sur l’objectif d’export pays tiers, en comparaison des 12,4 à 12,5 Mt visés par les opérateurs.
Jusqu’à la mi-novembre, le Gasc avait acheté exclusivement son blé en provenance du pourtour de la mer Noire, mais d’une part l’offre commence à se tarir en Ukraine et Russie, d’autre part la Roumanie s’est fait récemment prendre la main dans un sac pas très clair : Le Caire a annulé le 4 décembre un achat de 60 000 t contracté et refusé le bateau roumain pour « papiers non conformes ». L’affaire, qui a beaucoup agité les opérateurs, aurait pu cacher un blé bulgare, qui permettrait à la Roumanie d’honorer ses commandes, selon l’organisme ukrainien UkrAgroConsult, cité par FranceAgriMer. Or, l’origine bulgare n’a pas encore été approuvée par le Gasc.
 
Une logistique portuaire efficace
Dans ce contexte, la France entend tirer son épingle du jeu, mais doit faire vite pour profiter d’un contexte international particulièrement favorable en janvier et février faute de concurrence. « L’Australie n’est pas encore là, les Etats-Unis ont beaucoup vendu, le Canada a des difficultés logistiques » dues à l’hiver et à d’abondantes récoltes, a énuméré Rémi Haquin, écartant aussi la concurrence russe et ukrainienne. Et s’il faut faire vite, la France semble être en mesure de faire face. « À 11,8 Mt, la logistique portuaire peut suivre », a-t-il assuré, s’appuyant sur l’exemple de la campagne 2010-2011 et ses 12,9 Mt de blé tendre français vendues à l’international. À ce stade, le contrat roumain n’a pas encore été compensé, et nul ne sait ce qu’il adviendra, selon les spécialistes, mais l’Egypte a lancé de nouveaux appels pour des livraisons entre le 10 et le 20 janvier 2014. Olivia Le Lamer a toutefois lancé une mise en garde aux opérateurs intéressés : « Attention aux prix qui grimpent et à ne pas tarir un débouché qui émerge ».

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