La Rabobank prévoit que le Brésil développera sa production de viande bovine grâce à une « rapide intensification » de ses modes d'élevage. Le pays devrait doubler ses capacités de production en « feedlots » d'ici 2013, passant de 4,5 millions à 9 millions de têtes.
Dans un rapport paru mi-octobre et intitulé Beefing up in Brazil : les feedlots pour porter la croissance de l'industrie, la banque néerlandaise Rabobank estime que le Brésil devrait adosser la croissance de sa production de viande bovine sur l'intensification de ses modes d'élevage. Le nombre d'animaux élevés en « feedlots », qui ne représentent aujourd'hui que 10% des volumes de viande bovine produits au Brésil, devrait doubler d'ici 2023, passant de 4,5 millions à 9 millions de têtes issues de ce type d'élevage, soit 2,5 millions de tonnes supplémentaires. Si le Brésil est le deuxième producteur mondial de viande bovine, et le plus grand exportateur, « son industrie reste relativement inefficiente par rapport aux standards internationaux, avec une productivité et des rendements en deçà de la moyenne du secteur », analyse la banque. Pour Rabobank « les feedlots vont permettre d'abattre les troupeaux plus jeunes et plus lourds, ce qui devrait augmenter le rendement et la productivité, ainsi que la consistance et la qualité du produit ».
Un potentiel unique pour le soja et le maïs
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Pour ce faire, la banque estime que le secteur aura besoin d'un investissement compris entre 250 et 500 millions de dollars. Pour ces analystes qui tablent sur une forte hausse de la demande mondiale de viande bovine dans les dix prochaines années, le Brésil dispose « d'une place unique pour répondre à ce besoin, grâce au potentiel incomparable d'expansion de la production de maïs et de soja », explique Renato Rasmussen de la Rabobank. En revanche, le secteur devra s'adapter à de nombreux défis, comme « la demande de durabilité environnementale, la compétition pour les terres agricoles avec les céréales, et le besoin d'économies d'échelles pour compenser les marges plus faibles ».
Les éleveurs de la Fédération nationale bovine (FNB) demandent au ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, d'activer « des mesures de sauvegarde » pour les producteurs de viande bovine, dans un communiqué le 28 octobre, après que leur président Jean-Pierre Fleury l'a rencontré plus tôt dans la journée. Les éleveurs demandent à être prioritaires dans « la prise en charge des cotisations MSA », et à bénéficier d'une « exonération de la Taxe sur le foncier non bâti » et d'un audit des « difficultés de remboursement des annuités bancaires » du secteur. « La situation se dégrade jour après jour, estime la FNB. Avec des cours en chute libre en bovins finis et animaux maigres », liés notamment aux importantes sorties de vaches laitières.