Le Syndicat national de l’enseignement agricole technique public (Snetap) dénonce une situation budgétaire très difficile et a entamé une action pour faire pression sur le ministère. Dans le même temps, la sénatrice Françoise Férat a défendu un amendement pour une rallonge budgétaire en 2009, critiquant un budget qui n’est pas à la hauteur.
Un certain nombre de contractuels de l’enseignement agricole public n’ont pas été payés depuis la rentrée, signe le plus tangible des difficultés budgétaires que rencontre ce secteur et qui s’aggravent depuis la rentrée 2008. Le Snetap a dû engager des actions en référé pour venir au secours des personnels.
Le syndicat souligne que le budget entraîne le « non-respect des heures obligatoires dues aux élèves », la « suppression des dédoublements de classes et des options facultatives », des « fermetures de classes en masse (entre 8 et 25 classes par région) et même d’établissements, dont beaucoup relèvent de pôles de revitalisation rurale ». Cette situation a poussé le Snetap à l’action, sous forme de « rétention de notes » dans plus de la moitié des lycées agricoles publics : 18 régions sur 22 représentées et 2/3 des établissements mobilisés, selon le syndicat.
Une rallonge de 51,4 millions d’euros
Les perspectives du budget 2009 n’ont rien d’apaisantes. La dotation nationale des établissements de l’enseignement agricole public devrait être réduite de 2% à 2,5%.
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Dans un rapport remis au ministre en septembre, la sénatrice UMP (Marne) Françoise Ferrat critique « un budget qui n’est pas à la hauteur ni des attentes ni des besoins »et épingle « l’incapacité de l’État à tenir dans des délais raisonnables les engagements qu’il a pris ». Cette baisse se traduit déjà en région par l’annonce de nouvelles suppressions de postes, fermetures de classes et même de sites, selon le Snetap.
Françoise Ferrat a déposé un amendement pour une rallonge budgétaire de 51,4 millions d’euros (2/3 pour le privé et 1/3 pour le public) qu’elle a soutenu dans l’hémicycle le 3 décembre en présence des ministres Michel Barnier et de Xavier Darcos. Il a été adopté par le Sénat. Pour abonder cette hausse de moyens, 48,4 millions ont été prélevés sur le budget de l’Education nationale (secondaire) et 3 M sur celui du ministère de l’Agriculture. Il est probable que l’amendement sera adopté en dernière lecture à l’assemblée le 15 décembre. Cela permettrait de sauver une cinquantaine de classes (sur les 60 à 80 qui auraient dû fermer en 2009) et une centaine d’emplois de contractuels, estime le syndicat. Ce dernier réclame un moratoire sur les suppressions de postes et le maintien des dotations globales horaires des établissements publics avec en conséquence l’arrêt des fermetures de classes et de sites.