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Biocarburants Le calcul bruxellois des émissions de gaz à effet de serre remis en cause

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Les méthodes de calcul des émissions de gaz à effet de serre actuellement développées par la Commission de Bruxelles avantagent l’industrie du pétrole au détriment des producteurs de biocarburants, selon le Bureau européen du biodiesel. Celui-ci estime que cette évaluation faussée pourrait mettre en péril les objectifs communautaires de lutte contre le réchauffement climatique.

La Commission européenne travaille actuellement sur les modalités d’application des directives communautaires sur les énergies renouvelables et la qualité des carburants, notamment sur une méthodologie et des valeurs référence pour les émissions de gaz à effet de serre provenant du pétrole et des biocarburants. Toutefois, selon le Bureau européen du biodiesel (EEB), Bruxelles ne tient pas compte pour l’instant de l’augmentation notable des émissions issues des carburants conventionnels (champs pétrolifères dans le sous-sol ou dans les eaux profondes) et, surtout, non conventionnels (schistes bitumineux et sables bitumineux, pétrole extra-lourd, carburants synthétiques produits à partir du charbon ou du gaz). Des émissions qui semblent devoir atteindre des niveaux records à l’avenir.

Une approche harmonisée
Pour dénoncer ce risque, l’EBB se fonde sur les résultats d’une étude du consultant ERA présentés le 18 mars à Bruxelles. Celle-ci a été menée pour le compte de la Fédération allemande des énergies renouvelables (BEE) et l’Association allemande des producteurs de biocarburants (VDB).
La Commission devrait développer une méthodologie qui évalue objectivement les émissions de gaz à effet de serre provenant des carburants fossiles, et qui soit basée sur les mêmes critères que ceux, très stricts, appliqués aux biocarburants, insiste l’EBB.
« Les carburants fossiles et les carburants renouvelables sont pour l’instant traités différemment », conclut le Bureau européen du biodiesel. « Tant que l’UE n’adoptera pas une approche cohérente et harmonisée pour ces deux types de carburants, la situation continuera d’être défavorable pour les biocarburants, limitant leur utilisation et aboutissant à une moindre protection de l’environnement et une moindre sécurité énergétique ».
De la même façon, les organisations professionnelles et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) jugent que la méthode de calcul des émissions de gaz à effet de serre produites sur l’ensemble du cycle de vie par unité d’énergie des carburants autres que les biocarburants doivent remplir des exigences équivalentes à celles des biocarburants.

Une étude sur les agriculteurs et les énergies renouvelables
La Commission de Bruxelles vient de lancer un appel d’offres pour la réalisation d’une étude sur « L’impact des énergies renouvelables sur les agriculteurs européens ». Le but de ce travail sera d’analyser la contribution effective des énergies renouvelables produites à la ferme aux objectifs globaux de l’UE, ainsi que leur potentiel à moyen terme. Il s’agira d’évaluer le rôle joué par la production d’énergies renouvelables dans l’économie, la formation du revenu et la répartition des facteurs de production du secteur agricole, mais aussi d’identifier et d’analyser les facteurs qui ont conduit à leur expansion rapide dans certaines régions et les obstacles à leur développement dans d’autres régions à fort potentiel.
Le budget maximum attribué à cette étude sera de 500 000 euros, l’échéance pour le dépôt des offres étant fixée au 7 mai prochain. Le contrat sera attribué au cours du troisième trimestre de cette année, et le bénéficiaire disposera de douze mois pour mener à bien le travail.

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