En 2014, le programme d'action de la Confédération paysanne sera tourné notamment vers la Pac. Le syndicat a présenté, lors d'une conférence de presse, le 5 février, ses sujets de vigilance et proposé un retour sur les victoires remportées en 2013.
LA Pac sera l'un des dossiers phares de la Confédération paysanne en 2014, a annoncé le syndicat lors d'une conférence de presse, le 5 février à Paris. Alors que se déroulait en parallèle, l'assemblée générale de la Fédération nationale bovine (FNB) aux Sables-d'Olonne, la Confédération a réaffirmé ses revendications sur les aides couplées pour l'élevage allaitant prévues par la Pac. En particulier, le syndicat a rappelé son opposition au système de plancher fixé à 10 vaches allaitantes pour bénéficier des aides, estimant qu'il est trop haut encore pour favoriser une agriculture diversifiée. Une agriculture diversifiée qui serait, selon elle, cohérente avec l'ambition agro-écologique du ministre. La Confédération, qui a rencontré récemment le conseiller de Stéphane Le Foll en charge de la Pac, propose plutôt que, si un plancher doit réellement subsister, il soit calculé en UGB, prenant ainsi en compte des exploitations qui disposeraient de très petits élevages de différents animaux. « L'objectif semble être de prendre aux petites fermes pour donner aux grosses », déplorait le syndicat, qui milite aussi pour un plafond à 60 vaches par actif. La Confédération paysanne appelait en outre au maintien de l'aide aux génisses allaitantes, afin que restent diversifiées les productions au sein même des filières.
Parce qu'elle défend une agriculture paysanne, la Confédération plaidera pour qu'il n'y ait pas de seuil minimal pour l'aide à l'investissement que permet le plan de modernisation des bâtiments d'élevage. « Pour nous il est important qu'aient accès l'investissement tous types de fermes », a posé Judith Carmona, par exemple à travers « des bonifications pour les petits ateliers de transformation à la ferme, les régions montagneuses ou encore les circuits de qualité, les investissements collectifs ».
La Confédération paysanne restera aussi vigilante sur la façon dont les Régions gèreront les mesures agro-environnementales (MAE) : elles auront à déterminer des zonages pour orienter les MAE en fonction d'enjeux identifiés. Elles ont en outre la main sur l'orientation des aides au maintien de l'agriculture biologique, préviennent les porte-parole.
Méthanisation
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Le syndicat a évoqué le sujet de la méthanisation lors de son entretien, le 30 janvier avec Philippe Martin, et continuera à défendre ses opinions en 2014 : « On n'est pas contre la méthanisation, a précisé Laurent Pinatel, mais elle doit être financée par des budgets dédiés à l'énergie et non à la production agricole, et dans un cadre défini et cohérent, qui ne doit pas faire de la production alimentaire un sous-produits de la production d'énergie. » Et de poursuivre : « Dans le développement rural (second pilier), si on met le photovoltaïque, les robots de traite, la méthanisation, ce sera moins de fonds pour soutenir l'agriculture bio, les MAE, l'agro-écologie… »
Les victoires de 2013
La Confédération paysanne s'est par ailleurs félicitée de plusieurs victoires obtenues en 2013 : l'exclusion des semences de fermes de la loi sur les contrefaçon, entérinée par l'adoption d'un amendement le 4 février. Un réel soulagement pour le syndicat, qui avait occupé le Gnis (interprofession des semences) pour faire entendre sa voix sur la question. En outre, le syndicat se réjouit d'entrer prochainement au Cniel, l'interprofession laitière, ce qui prendra effet le 4 mars.
Enfin, « les mille vaches, c'est fini », annonçait, très confiant, Laurent Pinatel. La lutte contre ce projet d'élevage dans la Somme n'est pourtant pas officiellement terminée : la Confédération a annoncé qu'elle irait, le 17 février au tribunal d'Amiens, plaider l'annulation du permis de construire initial. En réalité, le débat est plus large : la Confédération aimerait qu'un cadre plus strict soit posé par la loi d'avenir sur la méthanisation, et que soit renforcée la loi sur le volet foncier pour empêcher des situations de ce genre, où un industriel non agricole parvient à acquérir plusieurs milliers d'hectares de terres. De quoi occuper un certain nombre d'heures de débat parlementaire.