L'infrastructure européenne de recherche ICSOS (Integrated Carbon Observation System) a été inaugurée au Centre Inra de Bordeaux-Aquitaine, le 18 septembre. Elle permettra de mesurer les émissions de gaz à effet de serre en agriculture. Le défi est de taille car ces dernières sont diffuses et jusque-là étaient difficilement quantifiables.
L'infrastructure scientifique européenne ICOS (Integrated Carbon Observation System) a été inaugurée le 18 septembre au centre Inra-Bordeaux-Aquitaine. Cette infrastructure est un réseau d'observation et de mesure des gaz à effet de serre, en particulier du carbone biogène. Il y a en réalité deux types de réseaux. « Soixante stations du réseau écosystèmes ICOS suivent en continu, et à long terme, les échanges de gaz à effet de serre entre les écosystèmes terrestres et l'atmosphère », explique Denis Lousteau, directeur de recherche à l'Inra. Ces stations sont situées dans huit pays européens Elles sont implantées dans des écosystèmes représentatifs de l'usage des terres : cultures, prairies, forêts et zones humides. La technique utilisée par le réseau écosystèmes est la covariance turbulente. « La particularité de cette méthode est la fréquence élevée des mesures », explique le chercheur. Autrement dit, le réseau pourra fournir des données quasiment en continu. « On peut imaginer des données d'émissions de gaz à effet de serre pour un champ de maïs sur la journée », illustre Denis Lousteau. Car cette méthode permet de travailler sur des échelles de quelques hectares.
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L'autre réseau est le réseau atmosphère. Les mesures sont faites par inversion. « Nous pouvons mesurer avec une grande précision la circulation de cabone sur des colonnes situées à Orléans, en Ile-de-France, à Bordeaux, à Clermont-Ferrand… », explique-t-il. À l'échelle européenne, il faut considérer la masse atmosphérique au-dessus du territoire. Lorsque sa composition varie, on en déduit les évolutions d'émissions de gaz à effet de serre biogène. « Une particularité du réseau atmosphère est que nous pouvons travailler sur des échelles plus grandes qu'avec le réseau écosystèmes, de l'ordre de 50 à 100 kilomètres ». Le chercheur est très enthousiaste : « C'est la première fois qu'un instrument pourra différencier les sites en termes d'émissions de gaz à effet de serre, il pourra standardiser les mesures. A quelques semaines de la COP21, l'inauguration de cet instrument européen tombe à pic ». Denis Lousteau précise qu'il existe des systèmes équivalents aux Etats-Unis ou encore au Canada. « Mais, poursuit-il, les chercheurs français sont vraiment à la pointe sur le sujet des mesures de gaz à effet de serre ».