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Le Cese souligne « l’exigence d’une bioéconomie durable »

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Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) s’est prononcé le 28 mars sur un projet d’avis soulignant « l’exigence d’une bioéconomie durable ». Dans ce projet d’avis, les deux rapporteurs, Jean-David Abel, du groupe « environnement et nature », et Marc Blanc,du groupe CFDT, veulent prévenir les « risques de surexploitation des ressources naturelles, d’atteintes à la sécurité alimentaire ou d’importations de biomasse créant des déséquilibres » économiques. La durabilité environnementale de la bioéconomie implique d’abord que la production de biomasse ne mette pas en péril les écosystèmes et la biodiversité. Ils souhaitent notamment que le système économique « prenne en compte les capacités de régénération naturelles des bioressources utilisées ». En effet, « renouvelable ne veut pas dire inépuisable ». La tendance à tirer parti de tout gisement est notamment rencontrée chez les énergéticiens, de par leur familiarité avec les marchés miniers, a relevé Jean-David Abel.

« Il faut adopter de nouveaux modes de production et de consommation », notamment la hiérarchie des utilisations en cascade : d’abord la biomasse pour l’alimentation humaine, puis pour l’alimentation animale, puis pour la chimie et les matériaux, enfin pour l’énergie.
Les deux rapporteurs ont évoqué la nécessité, pour la bioéconomie, de mettre en place une comptabilité qui ne prendra pas seulement en compte le capital, mais aussi les gains et les pertes environnementaux. À terme, cette comptabilité devrait faciliter l’intégration dans le prix des avantages (les externalités positives) sociaux et environnementaux de la bioéconomie.

Le Cese considère que le territoire (l’échelon régional) « est le niveau privilégié pour le développement de la bioéconomie ». Il recommande la mise en place d’un conseil national de la bioéconomie, instance consultative auprès des ministres concernés, « lieu de mise en commun des réflexions et expériences » pour l’appui à la prise de décision.

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Interrogés sur la sortie d’un plan français pour la bioéconomie avant l’élection présidentielle, comme l’aurait souhaité Stéphane Le Foll, les deux rapporteurs ont répondu qu’ils n’y « croient pas une seconde ». En effet, ce secteur récent et complexe qu’est la bioéconomie rassemble des milieux divers : agro-industrie, industrie chimique, applicateurs d’aval (pour les plastiques, les tensio-actifs, les peintures, etc.), auxquels il faut ajouter les pouvoirs publics (dont les régions) et les organismes de recherche.

Cet avis « vers une bioéconomie durable » a été adopté par l’assemblée plénière du Cese à 136 voix pour, 0 contre et 9 abstentions.