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Education et formation au développement durable Le CESE veut passer à la vitesse supérieure

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EEDD : le sigle deviendra peut-être populaire. C’est en tout cas la volonté du CESE qui préconise, dans un avis rendu le 26 novembre, des outils pour que l’éducation à l’environnement et au développement durable (EEDD) infuse aussi bien dans l’Éducation nationale, dans la formation initiale et continue, qu’au sein des entreprises. Ce rapport a reçu un accueil favorable du ministre de l’Ecologie qui en a repris quelques conclusions à son compte.

«L’éducation au développement durable, c’est une éducation à la complexité », a assuré Antoine Dulin, délégué national aux Scouts et guides de France, l’un des co-rapporteurs, avec Alain Bougrain-Dubourg (LPO) de l’avis du CESE intitulé : L’éducation à l’environnement et au développement durable tout au long de la vie, pour une transition écologique. Présenté le 26 octobre en plénière, ce projet d’avis – réponse à une saisine du Premier ministre – se veut une « boîte à outil » pour apporter aux Français les moyens de comprendre les problématiques de développement durable et d’agir. Les rapporteurs se sont réjouis que le thème de l’éducation à l’environnement et au développement durable ait percolé dans la société, jusqu’à la consécration: ce qui est désormais raccourci en « EEDD » a été inscrit dans le code de l’éducation en 2013 et la Conférence environnementale de septembre 2013 y consacrait une table ronde. La sensibilisation à l’environnement, historiquement portée par les associations de protection de l’environnement et d’éducation populaire, s’est récemment élargie à d’autres, ont souligné les rapporteurs : école, collectivités, entreprises, etc.
 
Une charte pour limiter le greenwashing
Les auteurs du rapport s’en réjouissent : pour eux, cette éducation aux problématiques de développement durable est le lit de la transition écologique. Mais si l’EEDD éduque à la complexité, il ne s’agit pas, alors, de se limiter à des messages tout faits du type « fermer le robinet quand on se lave les dents », assure Alain Bougrain-Dubourg. « Il faut se baser sur des compétences scientifiques, poursuit-il. Mais ne pas oublier, dans le même temps, que tout le monde n’a pas un haut bagage scientifique, et que ce n’est donc pas la seule porte d’entrée. Il y a aussi l’approche par expérience ». L’EEDD mise souvent sur des pratiques pédagogiques « alternatives » : pédagogie active, de projet et multidisciplinarité. Science ou pas, il s’agit aussi d’éviter le militantisme ou le greenwashing que les ONG comme les entreprises, sous couvert d’actions de sensibilisation, de « pédagogie », peuvent être tentées de porter auprès des publics. C’est pourquoi les rapporteurs de cet avis estiment utile de créer une charte déontologique pour les acteurs de l’EEDD.
 
Des outils
Le rapport discuté au CESE préconise quatre axes d’action : intégrer davantage d’EEDD dans la formation initiale, mais aussi continue, mais aussi dans le cadre professionnel ; mieux informer les consommateurs et enfin, rassembler acteurs publics privés et associatifs autour d’une dynamique commune. Parmi les outils possibles : rendre systématiques les classes vertes ; favoriser une sensibilisation au développement durable à tous les niveaux de formation ; assouplir les réglementations sur les sorties scolaires ; inscrire l’EEDD au cœur dans la formation initiale et continue des enseignants. Ou encore introduire l’EEDD au sein des commissions éducation-formation des entreprises ; consacrer davantage d’émissions dédiées à l’environnement et au développement durable via des partenariats entre acteurs publics, privés et médias audiovisuels, créer un véritable répertoire des initiatives d’EEDD ; créer une commission EEDD dans le Conseil national de la transition écologique (CNTE) ; ouvrir des fonds régionaux dédiés.
Philippe Martin, présent lors de la plénière de discussion de ce rapport, a affirmé qu’il s’en inspirerait pour une politique interministérielle. Il a aussi « proposé que l'EEDD soit inscrite dans les contrats de projets État régions (CPER) ainsi que dans la future Stratégie nationale de transition écologique (SNTE) », se sont réjouis les rapporteurs. Le ministre de l’Ecologie a en outre assuré qu’une journée nationale du patrimoine naturel serait organisée. Enfin, il s’est prononcé pour un effort spécifique de sensibilisation au moment de la conférence internationale sur le climat qui doit se tenir à Paris en 2015. L’avis a été adopté à 168 voix pour sur 176 votants, 1 voix contre, 7 abstentions.
 

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