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Le Ceta, cas d’école

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« CETA no ! » ou « CETA now ! » ? Ces deux appels contradictoires que l’on pouvait lire dans les rues de Bruxelles illustrent le dilemme dont doit maintenant sortir l’UE, après que la Belgique ait, à l’issue de tractations internes particulièrement laborieuses, accouché d’une déclaration censée permettre à son gouvernement, et donc à l’Union, de signer l’accord économique et commercial global avec le Canada. Certes, le feuilleton n’est pas terminé, mais il soulève nombre de questions qui concernent de près l’agriculture. Car les résistants francophones belges ont obtenu, du moins dans la déclaration, une « clause de sauvegarde » qui serait activée dans ce secteur « en cas de déséquilibre de marché ». Une prudence que ne renierait certainement pas la filière bovine européenne, notamment la française qui, redoutant les « usines à viandes » canadiennes, n’a pas manqué de saluer le « courageux parlement wallon ». En soi, cette prise en compte de l’économie locale serait un pas dans la direction d’une gouvernance plus proche du citoyen, des préoccupations du terrain, dont l’Union a bien besoin pour se faire accepter. Mais les intérêts d’un secteur ou d’une région peuvent-ils primer sur ce qui est considéré comme l’intérêt général ? Pour les organisations agricoles majoritaires de l’UE, l’accord de libre-échange avec le Canada constitue dans l’ensemble un « paquet acceptable » entre objectifs offensifs et défensifs. Et, selon l’eurodéputé (français) Michel Dantin, s’il n’est pas approuvé, « c’est toute la politique commerciale européenne qui sera mise en péril ». Avec, en toile de fond, le projet de traité avec les États-Unis, le TTIP, dont la négociation est en pause compte tenu de l’échéance électorale américaine. Le CETA est en tout cas une histoire inédite. Et un cas d’école.

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