L'étude évaluant l'impact du changement d'affectation des sols sur les émissions de gaz à effet de serre des biocarburants a été affinée à la demande du Centre commun de recherche de la Commission européenne. Résultat : ce facteur aurait été sous-évalué pour les céréales et en particulier le blé.
L'INSTITUT international sur les politiques alimentaires (IFPRI) auteur de l'étude – très critique et très critiquée – ayant servi de base à la Commission européenne pour faire ses propositions d'amendement à la directive sur la qualité des carburants (1) a, à la demande du Centre commun de recherche de la Commission (CCR), révisé ses calculs. Résultat : l'impact du changement indirect d'affectation des sols (ILUC) sur les émissions de gaz à effet de serre des biocarburants est confirmé, voire amplifié.
Le CCR a demandé à l'IFPRI de revoir certains paramètres de son étude notamment les augmentations de rendements prévues en 2020 pour le blé et le colza (trop optimistes selon le CCR), les possibilité de transferts de culture entre surfaces céréalières et oléagineuses et l'impact sur la demande alimentaire mondiale. Les résultats montrent qu'en affinant certaines de ces hypothèses, cela entraîne une légère hausse des facteurs ILUC, notamment pour les céréales. Les facteurs ILUC pour le blé utilisé pour produire de l'éthanol peuvent augmenter de 62% dans la pire des hypothèses. L'augmentation de ces facteurs peut également atteindre 30% pour le soja. Par contre, pour le sucre, ces nouveaux paramètres peuvent entraîner une baisse de 20% du facteur ILUC.
Un modèle à améliorerPour le Centre commun de recherche, ces résultats prouvent que les émissions liées à l'ILUC pour les céréales ont été minimisées dans le modèle utilisé par l'IFPRI qui doit encore être amélioré pour prendre en compte de nouveaux facteurs pouvant influencer le phénomène de changement d'affectation des sols. Par exemple, l'augmentation des prix d'une matière première, notamment pour les céréales et le sucre, entraîne une augmentation plus forte des rendements. Ce phénomène n'est pas pris en compte actuellement. De même, l'utilisation de la biomasse pour la chimie verte n'a pas été prise en considération.
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Sur la base de la précédente étude de l'IFPRI, Bruxelles a proposé de limiter la part de biocarburants issus de cultures alimentaires (1ère génération) à 5% dans les transports d'ici 2020. Une proposition qui n'a toujours pas abouti (le Parlement européen a adopté sa version du texte mais le Conseil, très divisé, n'a toujours pas trouvé d'accord sur le sujet).
(1) Voir n° 3365 du 17/09/2012